11.05.2012
Continuons le combat !
Une défaite est toujours difficile à accepter, même lorsqu’elle est attendue.
Depuis plus de trois ans, toutes les études montraient, sans exception, que Nicolas Sarkozy devait être battu. Peu importait l’adversaire. N’importe qui aurait fait l’affaire.
Mais le propre de la politique, c’est de croire et de se battre. On s’engage pour transformer la réalité et non pour l’observer.
Alors, nous nous sommes battus. Envers et contre tout. Et nous avons perdu.
Grande tristesse, grande émotion, mais la démocratie est faite de victoires et d’échecs, c’est la loi du suffrage. L’alternance est nécessaire à la vitalité démocratique.
Alors, même si au fond de nos cœurs il est permis de le penser, cette défaite n’est pas injuste. Le peuple souverain a fait son choix, les républicains s’y soumettent.
Nicolas Sarkozy avait accompli un formidable exploit en 2007 en remportant l’élection présidentielle, puis les élections législatives. Il s’agissait de la troisième présidentielle consécutive gagnée, et d’une première reconduction de majorité parlementaire depuis 1978. 2012 était donc incontestablement favorable à la gauche.
Certains ont incriminé sa campagne. Parti trop tard ? Parti trop tôt ? Il a fait une campagne intense de 60 jours, que personne d’autre n’aurait pu assumer comme lui. Des thèmes trop à droite ? Ceux qui prétendent cela sont amnésiques : la campagne de 2007 avait été très axée à droite, au premier comme au second tour. Nicolas Sarkozy s’était même offert une diatribe anti-1968 à Bercy quelques jours seulement avant le 6 mai : 2007 a été gagnée à droite. En 2012, il est resté fidèle à ses idées et ses valeurs, à l’inverse de ses prédécesseurs. Nous devons rendre hommage à cette droiture, à cette constance, qui manquent tant parmi nos politiciens.
Certains ont incriminé son bilan. Je pense qu’il y a là une cause de la défaite. Depuis des années, avec d’autres, j’alerte sur la masse des déçus, ceux qui n’ont pas compris l’ouverture à gauche, et qui n’ont pas admis que la politique menée ne soit pas suffisamment conforme aux engagements sur la sécurité ou l’immigration par exemple. Mais, au final, avons-nous tous eu à l’esprit l’étendue des réalisations de ce quinquennat ?
Mais la raison principale de l’échec réside bien sûr dans la crise internationale. Les Français l’ont subie et en ont fait porter la responsabilité au Président. Quoi de plus naturel ? Ce fut le cas partout ces derniers mois. Que la crise ait été moins durement ressentie en France qu’ailleurs importait peu aux yeux des électeurs. On sait ce qu’on a vécu, mais pas ce à quoi on a échappé. Les citoyens ne font pas de politique fiction. La gauche a donc pleinement profité du contexte de crise, sans aucun scrupule.
L’essentiel est pourtant ailleurs, il tient dans une stratégie indigne de pilonnage permanent, matin, midi et soir, depuis le 6 mai 2007 et jusqu’au 6 mai 2012. La gauche n’a reculé devant aucune insulte, aucune bassesse pour construire et attiser la haine contre Nicolas Sarkozy, constituant ainsi le socle de sa victoire, avec pour seul « programme » l’antisarkosysme ! Ils ont gagné, mais restons dignes, dignes de nous-mêmes, dignes de la France.
Maintenant, il nous revient de rétablir l’équilibre démocratique à l’occasion des élections législatives pour ne pas donner l’intégralité des pouvoirs nationaux et locaux à la gauche. Cette responsabilité lourde doit nous mobiliser jusqu’au 17 juin ! Vive la France !
08:57 Publié dans France, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, france, législatives
07.02.2012
Il faut sauver nos finances publiques
Le président de la Cour des comptes, l’ex-député socialiste Didier Migaud, va rendre demain son rapport annuel.
En juin 2011, il avait demandé des efforts accrus pour réduire le déficit public et « prévenir l’emballement de la dette ». Depuis, la situation économique s’est dégradée et le gouvernement a adopté deux plans de rigueur pour ramener le déficit à 4,5 % du PIB cette année puis 3 % en 2013. Or, la Cour estime que le coup de rabot donné aux niches fiscales, principal axe de la lutte contre les déficits, n’est « pas à la hauteur des enjeux ».
Mais surtout, la Cour met un terme à la polémique lancée par la gauche sur le bilan du quinquennat de Nicolas Sarkozy : les socialistes cherchent à lui attribuer l’explosion du déficit, alors que celle-ci est due à des phénomènes structurels et conjoncturels (crise).
En effet, si la crise n’explique qu’un tiers de l’explosion du déficit public de la France, pour le reste, il s’agit d’un déficit structurel, à savoir « l’héritage de plus de 30 ans d’incapacité à maîtriser les finances publiques ». La Cour critique notamment les baisses d’impôts réalisées de 1997 à 2007, sous des gouvernements de gauche puis de droite, mais aussi la politique fiscale des débuts du quinquennat Sarkozy, qui a « aggravé » le déficit structurel d’environ un point de pourcentage – soit 20 milliards d’euros. On est donc loin de l’explosion prétendue.
Dans tous les cas, et au-delà des responsabilités partagées, ce rapport appelle, une nouvelle fois, à une refonte profonde de nos politiques fiscales et sociales. La survie de notre Etat-providence est en jeu.
10:10 Publié dans Economie, France, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, économie, france
23.01.2012
La campagne, c’est maintenant !
La performance réussie de François Hollande va permettre la remobilisation de la droite.
On le sait, le jeu est très ouvert pour la prochaine élection présidentielle. Pas moins de quatre candidats peuvent prétendre au second tour, et trois d’entre eux peuvent l’emporter.
Les outsiders
Marine Le Pen a de très grandes chances d’accéder au second tour. Les sondages, sans correction, la situent entre 14 et 23%, ce qui montre bien son extraordinaire potentiel. Irréductibles déçus de la droite comme de la gauche, désespérés de tous bords, se retrouvent depuis le début des années 1980 dans le vote tribunitien pour le FN. De l’autre côté, les gesticulations de Mélenchon pourront lui garantir un certain succès mais ne limiteront pas l’effet Le Pen.
François Bayrou, se plaçant lui-aussi sur le créneau « anti-système » mais avec l’avantage d’une image propre et rationnelle, a un boulevard devant lui. Partant de son socle centriste de 7%, il peut espérer reconstituer son score de 2007, essentiellement de centre-gauche, en y ajoutant cette fois le surplus des déçus de N. Sarkozy, qui jusqu’à présent espéraient encore le voir abdiquer au profit d’un Fillon ou d’un Juppé. Il peut atteindre 22%. Mais le discours de F. Hollande risque de réveiller le clivage, et de mettre en sommeil les espoirs de Bayrou.
Le duel attendu
Comme toujours, et notamment en 2002, un duel semble s’imposer entre les candidats issus des deux grands partis : le président sortant contre le candidat socialiste.
M. Hollande a toutes les chances d’arriver en tête de l’élection. Le « peuple de gauche » a une trop grande « fringale » de pouvoir pour se voir priver une quatrième fois consécutive de victoire présidentielle. Cela fait en effet près d’un quart de siècle que la gauche ne l’a pas emportée. Le chiffon rouge du 21-avril, comme le réflexe anti-sarkozyste, devraient placer le candidat socialiste aux alentours de 25%.
M. Sarkozy part de très bas. Mais l’ultramédiatisation, la « twittpolitique », bref l’immédiateté dans laquelle se construit le débat politique fait que le choix final des Français ne se cristallisera qu’au dernier moment. Le président a donc choisi de marquer fortement les esprits sur une campagne courte mais forte, une « blitzkrieg ». Cette stratégie peut marcher.
La campagne est lancée
Pour autant, F. Hollande a réalisé un coup politique important hier, qui peut invalider au moins partiellement cette stratégie. Il s’est inspiré, avec succès, de N. Sarkozy en 2007 sur la forme, et de F. Mitterrand en 1981 sur le fond.
En 2007, le 14 janvier avait marqué le tournant de la campagne et installé définitivement N. Sarkozy dans sa dynamique de victoire. F. Hollande a réussi l’exercice et semble avoir troqué son petit costume des primaires pour les habits de présidentiable. Mauvais, il atteignait 30%. Bon, il sera dur à détrôner.
La différence avec 2007 est cependant de taille : Sarkozy n’avait pas d’adversaire. Les pitoyables prestations de Ségolène Royale nous faisaient mal au cœur, à force de nous avoir fait rire. Cette année M. Hollande a face à lui un président-candidat bien capable d’inverser la tendance.
Mais c’est surtout sur le fond que le discours de M. Hollande est important. En se plaçant fortement à gauche, comme Mitterrand en 1981, en reprenant ses thèmes (l’égalité, le pouvoir de la finance), comme son esprit (« j’aime les gens quand d’autres sont fascinés par l’argent »), M. Hollande va certes mobiliser son camp, et s’assurer le second tour à l’inverse de Lionel Jospin marginalisé hier, mais il va aussi créer les conditions de la remobilisation de la droite.
Nous n’attendrons donc pas la candidature officielle du président pour nous mobiliser contre ce projet socialiste, contre cette idéologie égalitariste et faussement généreuse, qui a fait tant de mal à la France, et que ce premier quinquennat n’a pas encore réussi à purger.
10:58 Publié dans France, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozy, ump, présidentielle


