03.10.2008

La rupture

 

Nicolas Sarkozy avait basé sa campagne présidentielle sur le thème de la « rupture », nous y sommes.

 

Il voulait rompre avec le système qui ne fonctionnait pas depuis 25 ans, les faits semblent lui donner raison.

 

Il est possible que nous soyons en train de vivre, sans vraiment nous en rendre compte, un changement profond, un bouleversement du système économique mondial. L’avenir dira si cette « crise financière » n’est pas en réalité la marque d’un changement de paradigme.

 

L’histoire économique est marquée par une succession de modèles dominants. Sans aller trop dans le détail, nous avons connu une économie presqu’exclusivement agricole puis, avec la révolution industrielle, une libéralisation de nos structures de production et d’échange. L’histoire moderne semble être caractérisée par un recul progressif et inexorable de l’Etat.

 

S’il ne fait aucun doute que la liberté est le meilleur des principes économiques, il faut comme toujours se méfier des excès. La crise financière n’est pas que financière et révèle les dangers du « tout-libéral ». Sans revenir au « tout-Etat », il faut prendre conscience de la nécessaire régulation de l’économie par la seule instance qui vaille : le pouvoir politique.

 

Il ne faut donc pas avoir peur d’une certaine dose d’interventionnisme. Ce n’est pas forcément vers un retour du keynésianisme que nous allons, mais vers une limitation de la tentation libérale au niveau international. Le libéralisme ne peut fonctionner qu’avec des règles.

 

On assiste donc à un retour de l’Etat, ou plutôt des Etats, car force est de constater qu’aucune solution collective n’est adoptée. Les Etats-Unis agissent seuls, et n’ont pas peur, comme à leur habitude, de faire passer le pragmatisme avant le libéralisme. L’Europe se divise malgré les propositions de Nicolas Sarkozy.

 

On ne pourra plus à l’avenir baser nos politiques sur le principe indiscutable du « moins d’Etat ». Le pouvoir politique doit être en mesure de réguler l’économie. Il ne doit pas se désengager de tout, et doit se concerter au niveau international sur d’autres sujets que la libéralisation du commerce…

 

Pour autant, cela doit-il remettre en cause l’important travail de réforme engagé par le gouvernent français ? Bien sûr que non.

 

La récession n’est pas la conséquence de la crise financière.

 

Ce serait beaucoup trop simple d’expliquer la dégradation de notre économie par ce seul facteur. La réalité est que la France est loin d’avoir achevé son travail d’adaptation et que nos structures ne sont pas encore assez efficaces. La réforme doit se poursuivre, et notamment celle de l’Etat.

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