06.01.2009

Sans titre

2009 sera l’année la plus sombre que la France ait connue depuis 15 ans. Voilà ce que nous entendons depuis des semaines et qui risque bien de se produire.

 

La faute à la crise internationale. La faute à la crise financière. La faute au capitalisme.

 

C’est donc naturellement la faute des autres. De qui ? Des spéculateurs, des riches, de l’économie mondialisée… Mais ce n’est pas notre faute à nous, Français, ce n’est pas non plus la faute de ceux qui nous conduisent. Ouf !

 

Nous pouvons donc continuer comme si de rien n’était, en nous serrant un peu plus la ceinture et en attendant la reprise.

 

Pourtant, c’est l’arbre qui cache la forêt. La crise financière ne fait qu’aggraver une crise économique qui nous ronge depuis 30 ans, et à laquelle on a fini par s’habituer. S’il ne faut pas sous-estimer la crise financière, il serait dangereux de lui faire porter toute la responsabilité de la situation actuelle. Elle soulève de vrais problèmes qu’il faut tenter de résoudre, mais elle passera plus vite que notre déclin économique.

 

Ce déclin est inscrit dans l’histoire, les vieux pays industrialisés étant (très) progressivement rattrapés par les nouveaux, avant de remonter ensuite lorsque ces derniers auront perdu leurs avantages comparatifs. On peut donc laisser les choses se faire, et nous retrouverons des emplois d’ici la fin du siècle… On pourrait continuer à gérer cette situation, en colmatant les misères, en « socialisant » davantage notre société, de façon à attendre les jours meilleurs. A moins que la Politique veuille encore dire quelque chose ?

 

La crise financière a fait naitre un espoir : en démontrant les excès de la dérèglementation, elle a remis l’Etat au cœur de l’économie. Mais n’est-il là que pour « renflouer » les banques ? Nicolas Sarkozy est allé plus loin avec son plan de relance : soutien aux entreprises, et surtout développement des investissements publics. C’est un bon début.

 

La France a trop longtemps préféré le fonctionnement, la gestion du quotidien, à l’investissement, la préparation de l’avenir. Depuis 30 ans, nous nous perdons dans un socialisme rampant, en dépenses saupoudrées improductives. Or le politique n’est pas un gestionnaire, c’est un acteur, son rôle est de rompre avec les tendances irréversibles. La libéralisation, la mondialisation ne sont pas des « nécessités » historiques, il n’y a de déterminisme que lorsqu’il n’y a pas de volonté politique. Si la liberté est nécessaire, nous ne sommes pas condamnés à la dérèglementation : ce serait le contraire du libéralisme.

 

Ce que l’homme a fait, il peut le défaire. Pourquoi continuerions-nous à désindustrialiser la France (et à travers elle les « vieux » pays industriels) ? Croit-on qu’une société ne peut vivre que de « services à la personne » ? Le commerce international doit donc être à nouveau réglementé : la concurrence n’est pas respectée entre des Etats qui s’imposent des règles de respect de l’environnement et des droits de l’Homme par exemple et d’autres qui ne se les appliquent pas. C’est une injure au libéralisme.

 

Oui, la liberté n’est pas en cause dans cette crise. Ce sont au contraire les freins à la liberté qui maintiennent la France dans sa crise. Depuis 30 ans, on veut réduire la liberté au profit de l’égalité, mais les bons sentiments ne font pas de bonne politique et c’est au final l’ensemble de la société qui régresse. Au lieu de constituer une grande classe moyenne, on fait peser sur elle tout le poids de la société, on l’épuise, on s’épuise. En d’autres temps, cela aurait conduit à une révolution.

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