04.02.2009
Tenir le cap
Les Français prennent conscience que la crise sera dure. Quelques chiffres terribles sont tombés ces jours-ci : 45 000 chomeurs en plus (après 60 000 en décembre), - 1.8% de "croissance" en 2009. Nous n'avons pas connu cela depuis plus d'un demi-siècle.
En 1975 et 1993, la croissance française avait déjà été négative, et le chômage avait explosé. Mais il semble que 2009 soit pire encore.
Doit-on pour cela changer de politique ? Doit-on en faire porter la responsablité au Président et à son Premier ministre ? Non et non.
La dureté de la crise n'est pas due à la politique engagée. Je dirais même au contraire. La France ne souffre pas de "trop" de réformes mais de "pas assez". C'est justement l'immense chantier entamé voilà 18 mois qui permettra à notre pays de sortir de cette crise renforcé.
Tout le monde a actuellement à redire des réformes, car tout le monde est touché de près ou de loin par des réformes. Cette situation est unique depuis là encore un demi-siècle (pour ne pas dire plus). Et le changement au quotidien n'est pas facile à accepter car il bouleverse nos habitudes : qu'on soit professeur, fonctionnaire, avocat, magistrat, agriculteur... tous, nous participons à cette révolution tranquille.
Le choix fait par le couple Sarkozy-Fillon est celui du long terme. Ils ont raison de préférer la construction de l'avenir à la gestion éphémère du présent. Ce n'est pas par une coûteuse et inefficace relance par la demande que l'on mettra fin à une crise aussi sérieuse. La relance, à travers l'histoire, n'a jamais produit d'effet positif. Certes, il est facile de signer des chèques, mais c'est une attitude irresponsable et dangereuse. En revanche, une relance par l'investissement public a toutes les vertus : elle donne du travail aux entreprises nationales et crée de l'emploi, et elle prépare l'avenir.
Le "New Deal" est connu pour ses grands travaux. C'est cela le bon modèle, et ce que contient le plan de Sarkozy : investissement de l'Etat, et soutien à l'investissement des collectivités territoriales.
Faut-il aller plus loin ? Sans doute. Les Etats-Unis mettent le paquet. Ils consentent à un déficit de 10% en 2009 ! On peut saluer le volontarisme politique. Nous ne devons rien nous interdire nous non plus. L'Etat doit jouer son rôle.
14:14 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, france, ump, paris



Commentaires
Je tempèrerais juste l'enthousiasme derrière ta dernière remarque sur les 10% de déficit américain.
Sans vouloir entrer dans des considérations de mécanismes monétaires très compliqués, les Etats-Unis ont le dollars qui reste la devise des échanges mondiaux. Cela leur permet indirectement de financer plus facilement leurs déficits.
C'est un luxe que nous n'avons pas en France.
En outre, la particularité française est que nous présentons des budgets en déficits depuis 30 ans et le service de a dette française est une grave préoccupation.
Je trouve que jusqu'à présent, Sarkozy a habilement su contenir les pressions dépensières sur le plan de relance (agréable surprise) et a intelligemment axé son plan sur l'offre (alors qu'il avait mené une politique de la demande hésitante jusqu'à ce jour).
Espérons qu'il tienne mais les pressions des populistes sont fortes.
Ecrit par : David | 11.02.2009
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