13.03.2009
Tours à Massena
Intervention de Patrick Trémège au Conseil de Paris du 10 mars 2009
| Le conseil de Paris a voté lors de sa dernière réunion un « déplafonnement » de la hauteur (limité à 37 m à Paris) pour y construire des tours et de grands immeubles de logement... dans le XIIIe arrondissement. Tout cela sans concertation. Voici l’intervention de Patrick Trémège en séance. Monsieur le Maire, Chers Collègues, Je souscris à l’intitulé du projet qui nous est soumis aujourd’hui, modalités uniques de concertation ; il est vrai que vous avez une méthode unique et singulière de concevoir la concertation. Qu’on veuille bien en juger ! Les associations qui selon vous étaient associées à l’élaboration du projet se sont retrouvées face à des plans totalement achevés qui ne laissent place à aucune espèce de discussion et dont on voit bien qu’aucun parti pris de fond ne sera modifiable – à l’exception peut-être d’une bordure de trottoir, j’en prends le pari – Par décence, je n’évoque pas le débat du conseil d’arrondissement ou votre mépris est manifeste pour la représentation démocratique puisque les plans magnifiants votre projet n’étaient même pas associés au projet de délibération. En réalité, vous manquez là une formidable occasion de faire vivre une authentique démocratie de proximité. Elle vous aurait permis d’entendre une opposition municipale qui se veut constructive et qui a travaillé avec des associations telle que l’ADA 13 ou Paris Environnement. Je n’ai jamais été pour ma part ni un opposant définitif aux tours comme vos amis verts ni un partisan idéologue comme vous l’êtes. Ce qui m’importe avant tout c’est la vie de ceux qui auront à y vivre, à y travailler, à s’y déplacer et si demain une tour satisfaisait à ces exigences de vie j’y souscrirai sans difficultés. On en est loin, très, très loin avec ce dossier ! Si vous aviez accepté de nous entendre un tant soit peu, voilà ce que nous aurions pu vous dire : Concernant tout d’abord Masséna, bien que « coincé » entre les voies SNCF, les maréchaux et le périphérique c’est de loin le moins défavorisé. Sous réserve d’étude d’impact, il serait envisageable d’y installer des habitants et des services de proximité – les concepteurs y ont casé un maximum de logement sociaux dans un arrondissement qui tangente les 35 %, il nous aurait semblé important d’y avoir une véritable mixité sociale (sociaux, libre, en location et en propriété), l’exemple des difficultés déjà rencontrées sur Bédier Boutroux auraient du vous inspirer. Ce n’est pas en méconnaissant la sociologie des quartiers parisiens que se construit une ville socialement durable. Comment peut-on par ailleurs imaginer et soutenir des constructions sur dalles quand on a sous les yeux l’exemple du quartier Olympiades. Enfin et toujours sur Masséna l’espace vert prévu soit 1m² par habitant alors que 10m² est habituellement requis ressemble à une plaisanterie singulièrement dans le cadre d’un quartier à construire ! - Venons en, à Bruneseau ou l’on tutoie l’absurde - Votre projet c’est béton, Béton partout immeubles super grande hauteur barre etc : - Dangereux, Vous allez prendre la responsabilité d’installer à moins de 80 mètres du périphérique soit à peu près 3 fois la largeur de cet hémicycle, des habitants, des établissements scolaires donc des enfants et des employés. Vous imaginez l’étude d’impact qu’il vous faudra faire, car vous allez devoir la faire, nous y veillerons ! – Maréchaux + Périphérique + Centrale à béton + usine incinération. J’en appelle au bon sens ! Mais il semble que ce soit là, votre conception de vie urbaine ; Tel que conçu ce site serait par ailleurs ségrégatif – et totalement irréaliste du simple point de vue économique. Qui aujourd’hui se lancerait dans une telle entreprise sur ce site, tant le marché des bureaux est difficile, par ailleurs, des équipements de qualité sont nombreux notamment sur la commune d’Ivry. Pour autant cet endroit aussi difficile qu’il soit pourrait être un plus pour Paris – d’abord en accueillant les usines à béton, qui sont sur les quais de Seine en face de la faculté Pierre et Marie Curie, ce qui permettrait une vraie réconciliation du XIII avec la Seine et des aménagements ambitieux sur l’ensemble de la rive 13ème aurait pu être envisagés. La création de bâtiments abritant des entreprises artisanales, des ateliers de plomberie, d’ébénisterie, d’électricité, etc… qui ont déserté Paris, des jeunes PME spécialisées dans le bâti parisien auraient pu trouver leur place. Vous auriez pu imaginer comme le propose l’ADA13 une centrale de recyclage de matériaux de déconstruction, activité en plein développement, qui serait ainsi à proximité immédiate de son approvisionnement et de ses clients. Il aurait été imaginable également de traiter les mâchefers de la centrale d’Ivry. Autant d’activités qui offriraient des emplois modestes aux habitants du 13ème arrondissement catégories particulièrement touchées par le chômage mais oh combien nécessaires à l’équilibre sociologique d’une ville. Paris environnement suggère une utilisation rationnelle des dessous du périphérique comme espace réservé aux arts de la rue. Vous avez là un petit florilège des idées portées par grand nombre d’association dont le seul leitmotiv était de participer en amont et de façon responsable à l’aménagement de ces 2 secteurs. Vous ne voulez rien savoir de tout cela, il est clair que vous avez volontairement écarté toutes les considérations de bon sens sans examen critique réel allant jusqu’à la provocation en parlant de convivialité. En réalité, si j’en crois votre architecte coordinateur, tout était plié depuis longtemps. Je cite, « je travaille sur le secteur depuis 2001 et on m’a demandé d’intégrer des bâtiments en hauteur. Dans ce secteur en friche, on ne gênera personne » ! Vous pensez qu’assisté par des hommes de l’art probablement de grand talent vous allez plus fort que tout le monde triompher de toutes les difficultés du site et offrir à la postérité un quartier flamboyant et exemplaire. L’opposition ne vous laissera pas faire, elle sera aux côtés des riverains et des associations pour que sur Massena Bruneseau le bon sens et l’intelligence l’emportent. Patrick Trémège Ancien Député Conseiller de Paris |
09:00 Publié dans 13ème | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, paris, ump



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