25.09.2009

Le grand chamboulement 2

A gauche, l’éparpillement

 

Mais les plus grands bouleversements sont à gauche. En effet, le Parti socialiste subit une profonde crise structurelle.

Or, à la différence de ses homologues anglais, allemand, et espagnol, au pouvoir depuis respectivement 12, 11, et 5 ans, le PS est dans l’opposition depuis 7 ans. Leur affaiblissement s’explique par l’usure du pouvoir, alors que le sien est plus essentiel : il touche moins à son action qu’à son essence, ses idées, son organisation. Tiraillé dans tous les sens, par des leaders sans charisme qui veulent chacun tirer avantage d’une situation dans laquelle ils se retrouvent tous à égalité, le PS n’est pas en mesure de se réformer. Dirigé par une personnalité du passé, et dépassée, sa crise est aggravée par Ségolène Royal qui, ne pouvant s’exprimer dans le parti, fait tout pour le ringardiser et le contourner.

 

Le peuple de gauche ne s’y trompe pas : il déplace ses espérances vers d’autres structures jugées plus porteuses. L’incroyable succès des Verts aux européennes, confirmé par les élections partielles, semble montrer qu’ils passent de force d’appoint à force concurrente.

A l’autre extrémité, le Parti communiste n’en finit plus de mourir, et se retrouve désormais comme noyé dans le Front de gauche, dont ne ressort que la figure de Jean-Luc Mélenchon. Là encore, les Verts en sortent gagnants car la disparition de l’allié historique du PS accroit encore un peu plus l’importance prise par les Verts.

 

La question est de savoir s’il s’agit d’un phénomène purement conjoncturel, lié à l’affaiblissement du PS et à la mode pour les thèmes écologiques, ou si les Verts, jeune parti, passent à l’âge adulte et s’installent à égalité avec les sociaux-démocrates dans un système politique fortement marqué par les enjeux environnementaux.

 

A l’extrême gauche, le NPA n’a pas fait la percée escomptée et ne semble pas en mesure de jouer vis-à-vis de la gauche républicaine le rôle d’obstruction que le FN jouait vis-à-vis de la droite.

 

Enfin, le Modem pâtit des tergiversations incohérentes de son leader et de l’évidence de ses ambitions démesurées comme seul moteur de ses tactiques. Loin de constituer une alternative crédible à qui que ce soit, ce mouvement construit sur du vent risque de vite s’essouffler.

 

L’éparpillement des forces de gauche a l’avantage inverse du rassemblement des forces de droite : en ratissant large, il permet de constituer une majorité qui n’aura pas de mal à s’unir dans l’opposition au sarkozysme. La victoire de la gauche est donc plus que jamais possible.

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