16.11.2009

Pour le rétablissement de l’autorité des parents et des enseignants

La députée du VIIIe arrondissement de Paris, Mme Antier, vient de proposer d’interdire aux parents de corriger leurs enfants aux moyens des « fessées », utilisées de tout temps et en tout lieu.

Mettons de côté l’aspect attentatoire aux libertés individuelles et l’insupportable immixtion de l’Etat dans la sphère privée pour nous concentrer sur la gravité des conséquences d’une telle mesure.

Elle s'inscrit dans une logique qui a démontré son échec. Sarkozy dénonçait en 2007 « l’héritage de 68 », cette idéologie qui voulait faire triompher la démocratie en détruisant l’autorité. Tous les individus étant égaux, il n’y avait plus lieu d’en respecter certains plus que d’autres. Tous les individus étant libres, il n’y avait plus lieu d’obéir. Mouvement d’origine étudiante, on s’est donc attaché en premier lieu à saper l’autorité des enseignants, qui à force de coups de règles et de « mises au coin » avaient traumatisé leurs élèves… L’enfant étant devenu le maître, on a progressivement cherché à le faire participer au point de se demander si le savoir ne devait pas venir de lui. Cette idéologie permissive s’est également imposée aux parents.

Mme Antier ne rend pas service aux parents en voulant réduire encore davantage leur autorité, déjà tant rabaissée depuis 40 ans. Par ailleurs, il ne faut pas confondre gifle et fessée avec violence ou torture. Ces « châtiments corporels » n’ont jamais fait de mal à personne.

Ce sont des instruments d’éducation, des ultimes recours, dont il serait dangereux de se priver. Il y a des stades où les réprimandes verbales ne suffisent plus. Il faut toujours se réserver un niveau supérieur, ne serait-ce que par la menace. Que serait la dissuasion nucléaire sans la possibilité d’utiliser la bombe ? Quand l’intelligence ne suffit plus la crainte doit prendre le relais. Se l’interdire revient à se lier les mains, et à baisser les bras pour les cas les plus difficiles.

Si l’on n’y prend garde, cette tendance conduira naturellement à interdire les violences verbales, et finalement à bannir l'impératif. Donner un ordre est une agression ! Et ainsi, on aura bien mis à bas l’autorité.

Regardons maintenant le résultat.

La société actuelle est-elle plus pacifique qu’il y a 40 ans ? L’insécurité est bien plus élevée, notamment dans les écoles.

Est-elle plus efficace ? L’enseignement est-il de meilleure qualité ? L’échec scolaire a-t-il été éradiqué ? Le niveau a-t-il progressé ? Sur chacun de ces points, c’est bien évidemment le contraire qui s’est produit. Une proportion toujours plus grande et plus inquiétante d’élèves ne maîtrise pas le Français à l’entrée en 6ème, le niveau ne cesse de diminuer, et la supercherie du taux de réussite au bac ne cache pas les classements pitoyables des universités françaises dans le monde.

Les Français se respectent-ils plus les uns les autres ? Aujourd’hui, devant l’incivilité grandissante, l’ignorance des autres, et le repli sur soi, on en est à lancer un débat sur « l’identité nationale ».

Aboutissement de ce que Norbert Elias appelait « l’euphémisation de la violence », cette question de la « fessée » révèle la crise de notre société, une société sans repère, une société qui se perd.

 

Il faut rétablir l’autorité plutôt que de finir de la détruire, et l’autorité passe aussi par la force, fut-elle symbolique.

17.03.2009

Karoutchi, la passion de la Région

Inutile de voter ! Les sondages ont déjà choisi pour nous ! C'est vrai, après tout, a quoi sert d'organiser une élection interne alors qu'il est si simple de faire quelques sondages ?

Remarquez, à ce petit jeu, Bertrand Delanoë n'aurait jamais été élu Maire de Paris. Qui le connaissait en 2000 lors du choix du candidat socialiste? Personne, et pour cause, il était Président de son groupe au Conseil de Paris...

Mais c'est justement pour cette raison qu'il connaissait les dossiers sur le bout des ongles et a pu mettre en pièces le poids lourd Philippe Séguin. L'expertise et la compétence ne sont donc peut-être pas des inconvénients dans une élection...

Mais les sondages sont un meilleur indicateur. La preuve : ils ont bien influencé les adhérents dans les deux principales primaires françaises connues à ce jours. Ségolène Royale au PS et Françoise de Panafieu à l'UMP ont été désignées dans un fauteuil...

Mais l'image ne fait pas tout, la notoriété non plus, tout cela évolue si vite.

Si Valérie Pécresse a d'indéniables qualités et ferait une excellente candidate à la Présidence de la Région, je considère pourtant que c'est Roger Karoutchi qui aurait le plus de chances dans cette bataille. Il connaît l'Ile-de-France par coeur, voue une véritable passion pour cette région, et donne 100% de son temps à cette cause. C'est précisément de cela dont nous avons besoin : un candidat qui maîtrise parfaitement les dossiers, qui dispose d'un réseau solide, et fait don de sa personne dans une campagne qui devra mobiliser toutes nos forces pendant un an.

C'est cette passion pour la Région qui permettra à Roger Karoutchi d'impulser le changement en Ile-de-France !

19.02.2009

Sondages : écouter l’opinion, mais ne pas la suivre

 La politique économique du gouvernement est jugée «mauvaise» par 60% des Français, selon un sondage publié mercredi. Selon cette étude BVA pour BPI-Les Echos-France Info, 36% des personnes interrogées jugent la politique économique du gouvernement «plutôt mauvaise» et 24% la considèrent comme «très mauvaise».

Concernant les mesures adoptées pour lutter contre la crise, les Français considèrent à 57% qu’elles ne vont «pas vraiment» (36%) ou «pas du tout» (21%) dans le bon sens et 61% estiment qu’elles ne sont pas en adéquation avec leurs préoccupations.

Les personnes interrogées demandent davantage de mesures pour le pouvoir d’achat. Ainsi, une écrasante majorité (69%) estime que «rééquilibrer la répartition des bénéfices dans les entreprises entre les patrons, les actionnaires et les salariés» aurait un impact positif. 65% des personnes interrogées jugent également positif l’effet d’une augmentation du Smic.

La «suppression de la première tranche de l’impôt sur le revenu pour les ménages les plus modestes», ainsi que l’augmentation des prestations familiales pour les familles nombreuses, sont également très appréciées (respectivement 56% et 52%).

69% des Français pensent qu’il serait efficace de «bien contrôler que les entreprises ne profitent pas de la crise pour licencier sans raison sérieuse» et jugent qu’«exiger des entreprises qui reçoivent des aides publiques qu’elles ne délocalisent pas leurs sites de production» aurait un impact positif.

Enfin, une majorité des sondés se montre favorable à un «plafonnement de la rémunération des actionnaires dans les entreprises qui reçoivent des aides publiques» (53%), et des traders (51%).

En revanche, seuls 30% jugent que la suppression de la taxe professionnelle aura un impact positif.

 

Tout n’est pas à jeter dans ces remarques.

En résumé, les Français (interrogés) veulent plus de pouvoir d’achat et se méfient plus que jamais des entreprises. D’accord pour augmenter les allocations, ils se refusent par contre à soutenir les employeurs.

La solution est toute trouvée : l’Etat doit assister un peu plus. Il ne doit pas soutenir l’activité productive, ou investir dans l’avenir, mais seulement distribuer l’argent, qu’il n’a pas.

Lorsque Nicolas Sarkozy parlait du pouvoir d’achat, il le concevait comme la récompense d’un surcroît de travail, et non comme une augmentation d’allocations sociales. Il a d’ailleurs augmenté la rémunération des heures supplémentaires.

Lorsqu’il parlait de rupture, c’était avec un système qui ne fonctionnait plus, car trop rigide, trop basé sur l’assistanat, et décourageant donc l’initiative créatrice de richesses.

53% des Français (votants) ont validé ce projet. Il faut donc s’y tenir, et ne pas se laisser fourvoyer par de vagues sondages.

Il ne faut pas supprimer une tranche d’impôt sur le revenu, mais au contraire le lisser sur toutes les tranches de la population, afin de le rendre collectivement moins indolore et plus productif, et de casser cette sorte de ségrégation entre les Français qui le payent et ceux qui ne le payent pas.

Il faut supprimer la taxe professionnelle, mais aussi diminuer l’impôt sur les sociétés, seule solution pour relancer l’activité économique, et donc l’emploi. C’est en diminuant les taxes plutôt qu’en contraignant qu’on conservera le travail en France, même si effectivement il faut exiger des entreprises recevant des aides étatiques qu’elles ne délocalisent pas.

Face à cette diminution de recettes, il est nécessaire de continuer la baisse des dépenses de fonctionnement. Toute dépense nouvelle doit être consacrée aux investissements publics, qui ont la double vertu de relancer l’activité et d’améliorer les équipements collectifs.

06.01.2009

Sans titre

2009 sera l’année la plus sombre que la France ait connue depuis 15 ans. Voilà ce que nous entendons depuis des semaines et qui risque bien de se produire.

 

La faute à la crise internationale. La faute à la crise financière. La faute au capitalisme.

 

C’est donc naturellement la faute des autres. De qui ? Des spéculateurs, des riches, de l’économie mondialisée… Mais ce n’est pas notre faute à nous, Français, ce n’est pas non plus la faute de ceux qui nous conduisent. Ouf !

 

Nous pouvons donc continuer comme si de rien n’était, en nous serrant un peu plus la ceinture et en attendant la reprise.

 

Pourtant, c’est l’arbre qui cache la forêt. La crise financière ne fait qu’aggraver une crise économique qui nous ronge depuis 30 ans, et à laquelle on a fini par s’habituer. S’il ne faut pas sous-estimer la crise financière, il serait dangereux de lui faire porter toute la responsabilité de la situation actuelle. Elle soulève de vrais problèmes qu’il faut tenter de résoudre, mais elle passera plus vite que notre déclin économique.

 

Ce déclin est inscrit dans l’histoire, les vieux pays industrialisés étant (très) progressivement rattrapés par les nouveaux, avant de remonter ensuite lorsque ces derniers auront perdu leurs avantages comparatifs. On peut donc laisser les choses se faire, et nous retrouverons des emplois d’ici la fin du siècle… On pourrait continuer à gérer cette situation, en colmatant les misères, en « socialisant » davantage notre société, de façon à attendre les jours meilleurs. A moins que la Politique veuille encore dire quelque chose ?

 

La crise financière a fait naitre un espoir : en démontrant les excès de la dérèglementation, elle a remis l’Etat au cœur de l’économie. Mais n’est-il là que pour « renflouer » les banques ? Nicolas Sarkozy est allé plus loin avec son plan de relance : soutien aux entreprises, et surtout développement des investissements publics. C’est un bon début.

 

La France a trop longtemps préféré le fonctionnement, la gestion du quotidien, à l’investissement, la préparation de l’avenir. Depuis 30 ans, nous nous perdons dans un socialisme rampant, en dépenses saupoudrées improductives. Or le politique n’est pas un gestionnaire, c’est un acteur, son rôle est de rompre avec les tendances irréversibles. La libéralisation, la mondialisation ne sont pas des « nécessités » historiques, il n’y a de déterminisme que lorsqu’il n’y a pas de volonté politique. Si la liberté est nécessaire, nous ne sommes pas condamnés à la dérèglementation : ce serait le contraire du libéralisme.

 

Ce que l’homme a fait, il peut le défaire. Pourquoi continuerions-nous à désindustrialiser la France (et à travers elle les « vieux » pays industriels) ? Croit-on qu’une société ne peut vivre que de « services à la personne » ? Le commerce international doit donc être à nouveau réglementé : la concurrence n’est pas respectée entre des Etats qui s’imposent des règles de respect de l’environnement et des droits de l’Homme par exemple et d’autres qui ne se les appliquent pas. C’est une injure au libéralisme.

 

Oui, la liberté n’est pas en cause dans cette crise. Ce sont au contraire les freins à la liberté qui maintiennent la France dans sa crise. Depuis 30 ans, on veut réduire la liberté au profit de l’égalité, mais les bons sentiments ne font pas de bonne politique et c’est au final l’ensemble de la société qui régresse. Au lieu de constituer une grande classe moyenne, on fait peser sur elle tout le poids de la société, on l’épuise, on s’épuise. En d’autres temps, cela aurait conduit à une révolution.

03.10.2008

La rupture

 

Nicolas Sarkozy avait basé sa campagne présidentielle sur le thème de la « rupture », nous y sommes.

 

Il voulait rompre avec le système qui ne fonctionnait pas depuis 25 ans, les faits semblent lui donner raison.

 

Il est possible que nous soyons en train de vivre, sans vraiment nous en rendre compte, un changement profond, un bouleversement du système économique mondial. L’avenir dira si cette « crise financière » n’est pas en réalité la marque d’un changement de paradigme.

 

L’histoire économique est marquée par une succession de modèles dominants. Sans aller trop dans le détail, nous avons connu une économie presqu’exclusivement agricole puis, avec la révolution industrielle, une libéralisation de nos structures de production et d’échange. L’histoire moderne semble être caractérisée par un recul progressif et inexorable de l’Etat.

 

S’il ne fait aucun doute que la liberté est le meilleur des principes économiques, il faut comme toujours se méfier des excès. La crise financière n’est pas que financière et révèle les dangers du « tout-libéral ». Sans revenir au « tout-Etat », il faut prendre conscience de la nécessaire régulation de l’économie par la seule instance qui vaille : le pouvoir politique.

 

Il ne faut donc pas avoir peur d’une certaine dose d’interventionnisme. Ce n’est pas forcément vers un retour du keynésianisme que nous allons, mais vers une limitation de la tentation libérale au niveau international. Le libéralisme ne peut fonctionner qu’avec des règles.

 

On assiste donc à un retour de l’Etat, ou plutôt des Etats, car force est de constater qu’aucune solution collective n’est adoptée. Les Etats-Unis agissent seuls, et n’ont pas peur, comme à leur habitude, de faire passer le pragmatisme avant le libéralisme. L’Europe se divise malgré les propositions de Nicolas Sarkozy.

 

On ne pourra plus à l’avenir baser nos politiques sur le principe indiscutable du « moins d’Etat ». Le pouvoir politique doit être en mesure de réguler l’économie. Il ne doit pas se désengager de tout, et doit se concerter au niveau international sur d’autres sujets que la libéralisation du commerce…

 

Pour autant, cela doit-il remettre en cause l’important travail de réforme engagé par le gouvernent français ? Bien sûr que non.

 

La récession n’est pas la conséquence de la crise financière.

 

Ce serait beaucoup trop simple d’expliquer la dégradation de notre économie par ce seul facteur. La réalité est que la France est loin d’avoir achevé son travail d’adaptation et que nos structures ne sont pas encore assez efficaces. La réforme doit se poursuivre, et notamment celle de l’Etat.