03.11.2009
Un débat sur « l’identité nationale » ?
On peut être surpris de l’idée de lancer un débat sur « l’identité nationale ».
Débat : cela implique un échange, une prise de conscience collective, une mise en commun d’expériences et d’idées, c’est une bonne chose. Mais cela implique aussi une confrontation de positions, des compréhensions différentes d’un sujet, des visions différentes, voire opposées, et au final, si possible, un consensus, un compromis.
Or, « l’identité nationale » n’est pas un thème comme un autre. Ce n’est pas un sujet amendable, mais une réalité qui s’impose à nous. Il est assez insolite, pour ne pas dire invraisemblable, de lancer un marché aux définitions sur le sentiment national. L’identité française ne se discute pas, elle n’est pas ce qu’on souhaite qu’elle soit.
Conditions du débat : on passera sur le contexte pré-électoral, c’est un mauvais procès, car le moment quel qu’il soit aurait été critiqué. En revanche, le site créé à cet effet, vise à orienter ou à limiter le débat : les références sont imposées. La sélection de textes ne retient qu’une petite partie de l’histoire de France, ainsi que de ses auteurs. Peut-on effacer « la ligne bleue des Vosges » par exemple ?
Admirateur passionné de la Révolution, je suis obligé de dire que notre histoire ne commence pas là. Par ailleurs, les Droits de l’Homme sont très importants, mais ils ne sont pas fondateurs de « l’identité nationale », ils n’en sont qu’un élément, parmi de nombreux autres. Où sont passées les périodes les plus glorieuses de notre histoire ? Doit-on les oublier uniquement parce qu’elles ne furent pas « républicaines » ? L’histoire de France est un bloc.
Peut-on par un « débat » revenir sur 30 ans de modification des programmes scolaires qui n’ont eu de cesse de réduire l’importance de l’histoire de France, et à l’intérieur de cette matière de la minimiser ou de la dénigrer ?
Le vrai problème serait plutôt de savoir comment les Français en sont arrivés à ne plus être fiers de leur pays, voire à le détester (cf. les sifflements de la Marseillaise etc.).
Les raisons en sont nombreuses, et anciennes. Elles tiennent à l’affaiblissement économique et politique de notre pays depuis 30 ou 40 ans. Elles tiennent à une immigration trop massive pour être correctement digérée. Elles tiennent à une modification profonde des valeurs.
Le candidat Sarkozy avait promis de rompre avec « l’héritage de 68 » : le libéralisme excessif, l’abaissement des critères moraux, de l’autorité et du respect. La vérité est que face à la perte des repères traditionnels ce ne sont que des critères individualistes et économiques qui l’ont emporté. L’idéologie de 68 a engendré, en partie, le contraire de ce qu’elle voulait produire : un monde où le seul repère est la satisfaction égoïste de ses besoins matériels. Il est évident que dans ce cadre aucun sentiment national, aucune « identité nationale », ne peut résister.
Vouloir résoudre la perte du sentiment patriotique par l’étude de la Marseillaise est dérisoire, sinon pitoyable. Cette « solution » nous est ressortie régulièrement tous les 10 ou 15 ans. Et l’on fait de même avec l’instruction civique…
Si bien qu’on se demande si dans ce débat il y a vraiment autre chose qu’un simple coup politique, si l’on veut réellement faire aboutir une réflexion et en tirer des conséquences bénéfiques pour l’avenir, ou s’il s’agit seulement d’occuper l’opinion (un débat sur la dette de la sécurité sociale serait autrement plus enrichissant) et de marquer des points à l’approche des élections régionales.
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28.10.2009
Il n'y a pas d'alternative à Nicolas Sarkozy
Qu'on le veuille ou non, que cela nous plaise ou pas, nous sommes obligés de constater qu'il n'y a pas d'alternative à Nicolas Sarkozy.
Au-delà des formes de déception ou d'insatisfaction qui n'ont pas manqué d'apparaitre depuis deux ans, et que les sondages reportent, il est indéniable que deux éléments s'imposent : le Président agit, ses adversaires ne sont pas crédibles.
Le sondage LH2 publié lundi sur le site Nouvelobs.com*, consacré à la mi-mandat de N. Sarkozy, montre que seuls 38% des sondés jugent «positif» le bilan de la première partie de la présidence, alors que 58% le jugent «négatif».
Ces chiffres a priori inquiétants doivent être comparés à ceux de ses prédécesseurs. Mieux que des sondages, nous avons au des élections. En 1983, au bout de deux ans de mandat, François Mitterrand perd les élections municipales. En 1997, Jacques Chirac perd les législatives. En 2009, Nicolas Sarkozy, à travers l'UMP, réalise un bon résultat aux Européennes, que certains qualifient même de victoire.
Entrons plus dans le détail de ce sondage : 15% des sympathisants UMP et 23% des personnes ayant voté pour lui au premier tour de l'élection présidentielle de 2007 jugent le bilan «négatif». Et 19% de ces mêmes électeurs de Nicolas Sarkozy au premier tour déclarent qu'ils ne revoteront pas pour lui en 2012.
Il y a en effet une certaine insatisfaction dans notre électorat, et dans notre mouvement. Elle peut tenir au personnage et à sa pratique du pouvoir (légèrement corrigée depuis un an), à son choix de l'ouverture (largement incomprise), à un réformisme peu lisible (trop de réformes, dans trop de domaines, trop vite... mais n'est-ce pas pour cela qu'il a été élu?), à une "rupture" pas assez poussée (pas de changement réel sur la politique d'immigration, sur la gestion des finances publiques, la politique du chéquier), à une communication qui prendrait le pas sur le fond des réformes...
Deux éléments de réponse.
Premièrement, ces taux d'insatisfaction sont des taux incompressibles. Ils veulent dire que 85% des sympathisants UMP soutiennent le Chef de l'Etat, c'est un beau résultat. Il y a toujours eu des anti-sarkozystes à l'UMP. Voir qu'ils ne représentent que 15% est rassurant. Ce sondage devrait plutôt inquiéter Dominique de Villepin. Quant aux 19% qui disent ne plus vouloir voter pour Sarkozy, ils représentent un chiffre assez normal, on connait la volatilité de l'électorat. Il faudra voir : 1) si au bout du compte ils ne votent pas pour lui; 2) combien de nouveaux électeurs nous gagnerons en 2012.
Deuxièmement, et c'est un élément de réponse au 1), qui est aujourd'hui crédible pour représenter une alternative à Sarkozy ?
A gauche, on a visiblement fait une croix sur 2012, et les quadras se placent déjà pour 2017. Aucun parti en état de marche, aucun candidat sérieux (à l'exception de DSK ?), pas de projet.
A droite, on assiste à une auto mise en scène qui frise le ridicule avec le "retour" de Dominique de Villepin. Complètement hors sujet, il a fait hier une prestation un peu surprenante. Il est mal placé pour donner des leçons, lui qui a "administré" la France sous Jacques Chirac. Il faudrait vraiment que Sarkozy se saborde pour que l'ancien Premier ministre ait une chance. La belle parole ne fait pas un bon acte.
Au centre, François Bayrou a perdu beaucoup de son panache à l'occasion de son désastre des européennes. Il n'est plus en mesure d'atteindre le second tour de la présidentielle (qu'il gagnerait dans ce cas de figure).
Les soutiens raisonnés valent mieux que les acclamations béates.
13:40 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, ump, paris
21.10.2009
Réforme territoriale, effets collatéraux d’un changement profond
Nous vivons une période passionnante et nous n’en avons pas forcément conscience, noyés que nous sommes dans des polémiques stériles qui détournent l’actualité des sujets importants pour l’avenir.
Pris entre les feux de l’autosatisfaction permanente de l’UMP et de l’opposition insensée des autres partis, nous avons souvent le réflexe voltairien de retourner « cultiver notre jardin » et d’abandonner l’actualité politique. C’est une erreur. La France vit des bouleversements dont nous devons être acteurs.
Le projet de réforme présenté par Nicolas Sarkozy peut laisser un peu perplexe.
Il semble être passé d’un objectif ambitieux de bouleverser les structures administratives à une tactique démagogique de séduction basique de l’opinion publique : diviser par deux le nombre des élus locaux.
La fusion des conseillers généraux (pour ne pas dire leur disparition) et des conseillers régionaux est en apparence hypocrite, inutile, et démagogique.
Hypocrite car alors que l’on parle de limitation du cumul des mandats on crée de facto un « cumulard ».
Inutile car l’économie qui sera réalisée sera proprement dérisoire (d’autant plus que le conseiller territorial sera indemnisé 1.5 fois plus que le conseiller existant) : veut-on faire croire que c’est la rémunération des élus qui constitue l’essentiel des dépenses des collectivités locales ? Du point de vue des finances publiques, on ne peut même pas parler de goutte d’eau.
Démagogique car on joue sur la corde sensible de l’électorat : sa défiance vis-à-vis des élus et de la politique.
Par ailleurs, je me pose des questions sur le cas de la capitale : va-t-on la découper en cantons ? A priori, cette idée est séduisante. Mais, en passant d’une représentation proportionnelle à un scrutin majoritaire, ne risque-t-on pas d’empêcher purement et simplement l’élection de tout conseiller territorial UMP à l’Est de Paris ? (Même chose pour la gauche à l’Ouest) Ainsi, nous perdrions définitivement tout moyen (ni maire, ni député, ni sénateur, ni conseiller territorial) pour représenter nos électeurs, et espérer préparer une reconquête.
Il faut noter que le choix d’un mode de scrutin majoritaire à un tour est une fausse bonne idée pour l’UMP. L’effet d’optique actuel qui place l’UMP en tête des premiers tours ne doit pas donner l’impression qu’il suffit de supprimer le second pour l’emporter. Les partis de gauche, qui peuvent aujourd’hui se permettre de se diviser au premier tour, arriveront très facilement à s’allier dans le cadre d’une élection à un seul tour.
Mais au-delà de ces observations, cette réforme est en réalité profonde, moins pour le court terme que pour le long terme.
Le choix est fait de rompre avec une attitude bien française de révolution, changement brutal des institutions, pour passer par une évolution progressive contrainte par des changements structurels à la marge.
La révolution aurait été de supprimer le département, et d’obliger la fusion des communes. Dans les deux cas, en revenant sur les structures créées par la Révolution, on aurait franchi une véritable étape historique, la plus importante depuis cette époque fondatrice.
Cela était naturellement impossible : la période, ni révolutionnaire, ni dictatoriale, ne permet pas de tels bouleversements. On choisit donc la seule méthode valable en démocratie : la réforme, ou l’accélération des évolutions naturelles. La différence tient moins dans le résultat du changement que dans sa durée de réalisation. Car au final, nous aurons bien la suppression des départements, et des communes telles que nous les connaissons.
Le futur conseiller territorial sera le nouveau conseiller régional. Il gagnera en légitimité et en efficacité car il sera ancré sur un territoire, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent en raison de son élection à la proportionnelle sur tout le département. Il ressemblera donc à l’actuel conseiller général : le lien avec le local n’est donc pas perdu. On change seulement d’échelle.
Toute structure n’existant que par les pratiques qui les animent, et donc à travers les acteurs qui les font vivre, le Conseil général va au fur et à mesure se vider de sens. Les conseillers territoriaux n’auront plus le même intérêt que les actuels conseillers généraux à faire exister le Département. Très vite, les services doublons vont apparaitre, et les économies d’échelle seront décidées, comme pour les entreprises qui fusionnent.
Ce phénomène « naturel » sera amplifié par une modification importante des compétences : la suppression de la compétence générale, et la spécialisation des attributions. Il ne sera plus possible d’invoquer la première pour justifier une intervention dans n’importe quel domaine. Quant aux secondes, elles renforceront progressivement la Région au détriment du Département, jusqu’à en venir à bout. Fin du processus, la coquille vide disparaitra d’elle-même.
La même méthode est employée pour les communes. Depuis la fin du XIXème siècle, et la naissance de l’intercommunalité, on tente de réduire le nombre exorbitant des communes françaises héritées de la Révolution. Il est devenu évident de dire que cette spécificité française n’a que trop duré. La fusion lancée dans les années 1970 ayant échoué, les gouvernements n’ont eu de cesse de pousser les communes à se regrouper. C’est ce processus qui va aboutir à marche forcée dans deux ans.
Pour autant, les Français étant très attachés à leurs communes, celles-ci ne vont pas disparaitre. Les plus petites d’entre elles deviendront peu à peu des quartiers de communautés plus vastes.
La réforme de Nicolas Sarkozy est donc une œuvre de rationalisation, et un coup d’accélérateur donné à un processus en marche depuis des décennies. La suppression de la taxe professionnelle s’inscrit dans cette logique. Insupportable économiquement mais indispensable financièrement, elle sera remplacée par une contribution territoriale, clairement identifiable aux « nouveaux territoires » qui sortiront de cette réforme.
14:32 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, paris, ump, ps, modem
28.09.2009
Le grand chamboulement 3
Vers un changement du mode de scrutin
Le président Sarkozy semble tenté par les élections à un tour. Cela favoriserait a priori l’UMP, certaine dans cette configuration d’arriver en tête et donc d’emporter la majorité des sièges.
Mais on sait que le mode de scrutin influe sur la structure partisane. La dispersion d’aujourd’hui à gauche aurait vite fait de laisser la place à des accords systématiques : le président remettrait ainsi de l’ordre dans le camp adverse, et ne changerait rien au final dans le rapport de forces global.
10:07 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, ump, ps, paris, jeunes populaires
25.09.2009
Le grand chamboulement 2
A gauche, l’éparpillement
Mais les plus grands bouleversements sont à gauche. En effet, le Parti socialiste subit une profonde crise structurelle.
Or, à la différence de ses homologues anglais, allemand, et espagnol, au pouvoir depuis respectivement 12, 11, et 5 ans, le PS est dans l’opposition depuis 7 ans. Leur affaiblissement s’explique par l’usure du pouvoir, alors que le sien est plus essentiel : il touche moins à son action qu’à son essence, ses idées, son organisation. Tiraillé dans tous les sens, par des leaders sans charisme qui veulent chacun tirer avantage d’une situation dans laquelle ils se retrouvent tous à égalité, le PS n’est pas en mesure de se réformer. Dirigé par une personnalité du passé, et dépassée, sa crise est aggravée par Ségolène Royal qui, ne pouvant s’exprimer dans le parti, fait tout pour le ringardiser et le contourner.
Le peuple de gauche ne s’y trompe pas : il déplace ses espérances vers d’autres structures jugées plus porteuses. L’incroyable succès des Verts aux européennes, confirmé par les élections partielles, semble montrer qu’ils passent de force d’appoint à force concurrente.
A l’autre extrémité, le Parti communiste n’en finit plus de mourir, et se retrouve désormais comme noyé dans le Front de gauche, dont ne ressort que la figure de Jean-Luc Mélenchon. Là encore, les Verts en sortent gagnants car la disparition de l’allié historique du PS accroit encore un peu plus l’importance prise par les Verts.
La question est de savoir s’il s’agit d’un phénomène purement conjoncturel, lié à l’affaiblissement du PS et à la mode pour les thèmes écologiques, ou si les Verts, jeune parti, passent à l’âge adulte et s’installent à égalité avec les sociaux-démocrates dans un système politique fortement marqué par les enjeux environnementaux.
A l’extrême gauche, le NPA n’a pas fait la percée escomptée et ne semble pas en mesure de jouer vis-à-vis de la gauche républicaine le rôle d’obstruction que le FN jouait vis-à-vis de la droite.
Enfin, le Modem pâtit des tergiversations incohérentes de son leader et de l’évidence de ses ambitions démesurées comme seul moteur de ses tactiques. Loin de constituer une alternative crédible à qui que ce soit, ce mouvement construit sur du vent risque de vite s’essouffler.
L’éparpillement des forces de gauche a l’avantage inverse du rassemblement des forces de droite : en ratissant large, il permet de constituer une majorité qui n’aura pas de mal à s’unir dans l’opposition au sarkozysme. La victoire de la gauche est donc plus que jamais possible.
10:02 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, ump, paris, ps, modem, jeunes populaires
24.09.2009
Le grand chamboulement 1
Nous sommes peut-être en train de vivre une petite révolution de notre vie politique, une profonde reconfiguration de notre système de partis. Même s’il est plus marquant à gauche, il touche aussi la droite, mais dans un mouvement inverse : dispersion d’un côté, regroupement de l’autre.
A droite, le rassemblement
La majorité présidentielle est en train de parvenir à regrouper autour de l’UMP tous les mouvements de droite et du centre. Engagé en 2002, le processus s’est considérablement accéléré avec Nicolas Sarkozy, et tout particulièrement depuis les élections européennes.
Dans le même temps, le Front national, autrefois responsable de nombreuses défaites de la droite (surtout aux législatives de 1997, mais aussi aux régionales de 2004), s’est considérablement étiolé, et ne semble plus en mesure de revenir à ses résultats anciens. La scission de 1999 a porté un coup fatal au FN, le sursaut de 2002 n’effaçant pas ce déclin structurel.
Pour autant, toutes les causes de son succès passé restent présentes pour un succès avenir, au cas où les millions de Français séduits par M. Sarkozy seraient déçus par sa politique (notamment sur l’immigration et la sécurité).
A l’autre extrémité, le choix désormais affirmé de François Bayrou de se tourner vers la gauche supprime toute concurrence à la majorité présidentielle au centre et au centre droit, le Nouveau centre ne pouvant prétendre incarner ce que fut l’UDF, grand parti créé dans la confrontation avec le parti gaulliste.
L’UMP, avec ses partis satellites, occupe donc tout l’espace de la droite et du centre. Le risque évident est de ne pouvoir dans ces conditions tenir un discours à la fois cohérent et attractif pour la grande diversité des électeurs autrefois représentés par différents mouvements.
L’émergence de partis concurrents dans les espaces libérés (à la gauche et à la droite de l’UMP) dépend de la popularité de Nicolas Sarkozy. Dans l’état actuel des choses, personne n’a le poids nécessaire pour représenter une menace.
Pour un électeur modéré, ce regroupement a le mérite de la clarté. Mais pour ceux qui se situent aux extrémités de ce vaste conglomérat, il n’y a qu’un pas à franchir pour se tourner vers le Modem ou le FN.
A vouloir incarner un parti unique, l’UMP et ses alliés se trouvent contraints d’atteindre la barre des 40% au niveau national.
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24.08.2009
La vidéoprotection, une arme efficace contre l'insécurité
Depuis des années, et singulièrement depuis quelques mois, la vidéosurveillance fait débat. Devant le manque d'éléments objectifs, il était difficile d'avoir une position autre que simplement morale sur le principe d'installer des caméras dans des lieux publics. Le rapport qui vient de sortir apporte donc enfin des faits.
Selon ses auteurs : «l'analyse des statistiques de la délinquance montre un impact significatif de la vidéoprotection en matière de prévention puisque le nombre de faits constatés baisse plus rapidement dans les villes équipées que dans celles où aucun dispositif n'est installé» . Les crimes et délits y chutent même deux fois plus vite qu'ailleurs.
L'intérêt de l'étude tient d'abord à la qualité de ses auteurs : l'Inspection générale de l'Administration (IGA), en tant que coordinateur, l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) et l'Inspection technique de la gendarmerie nationale (ITGN). Des services au dessus de tout soupçon. Ils avaient été saisis en février pour «évaluer et quantifier l'efficacité de la vidéoprotection». Leur travail a porté sur l'ensemble de 63 brigades de gendarmerie couvrant un territoire équipé de plus de dix caméras et sur le tiers des 146 circonscriptions de police dotées de moyens de vidéoprotection, d'Enghien-les-Bains (12 000 habitants) à Lyon (480 000 habitants) en passant par Nice, Montpellier, Tourcoing, Mulhouse et tant d'autres communes, grandes ou petites.
Plus de cinq millions de personnes vivent dans les secteurs concernés. Pour ne pas être taxés d'avoir privilégié une période favorable, les «incorruptibles» de l'administration ont même analysé les chiffres sur neuf ans, de 2000 à 2008. Et ils battent en brèche bien des idées reçues.
Les caméras seraient donc efficaces contre les violences. «L'impact le plus significatif concerne les agressions contre les personnes où la progression a été mieux contenue dans les villes équipées de vidéoprotection», révèlent-ils. Depuis 2000, en zone police, alors que ces actes ont grimpé de plus de 40 %, ils ont augmenté deux fois moins vite dans la cinquantaine de villes vidéoprotégées. Même constat chez les gendarmes. «La densité de caméras a un effet préventif pour les agressions contre les personnes», constatent les enquêteurs.
A les lire, en effet, pour obtenir du résultat, il ne faut pas hésiter à investir. «Une densité trop faible ne permet pas, disent-ils, de maîtriser les agressions puisqu'en dessous d'une caméra pour 2000 habitants, les agressions contre les personnes progressent même plus vite (+ 44,8 %) que dans les villes qui n'ont aucun équipement (+40,5 %)». En clair : les systèmes vidéos alibis ne font pas peur aux délinquants, qui savent très bien faire la différence entre un système opérationnel et un dispositif obsolète. Et ils endorment la police.
Pour autant, les caméras ne sauraient se substituer aux agents. «La vidéoprotection n'est pas une fin en soi, rappellent les inspecteurs, elle n'identifie pas seule les victimes ou les agresseurs». Selon eux, «elle n'a ensuite un véritable impact répressif et dissuasif que si une sanction pénale est prononcée par une juridiction à la suite de la constatation d'une infraction et de l'arrestation de ses auteurs».
Autre surprise de leur rapport : contrairement à un préjugé véhiculé jusqu'au Parti socialiste, «l'effet plumeau, c'est-à-dire un déplacement de la délinquance vers les zones non couvertes, ne semble pas avéré», écrivent-ils. Et cela se vérifie «tant au regard des témoignages reçus des responsables de la police et de la gendarmerie nationale, qu'à la lumière des chiffres de la délinquance qui ne montrent pas de dérives vers les zones non vidéoprotégées».
L'effet préventif des caméras serait donc une réalité. Mais qu'apportent-elles à l'enquête ? «Mesuré globalement, l'impact sur le taux d'élucidation reste encore peu marqué dans les villes équipées de vidéoprotection, même si un nombre croissant de personnes est mis en cause ou identifié grâce aux caméras», écrivent les inspecteurs. Car seuls les dispositifs à haute qualité de résolution d'image permettent de confondre sans coup férir les délinquants. Or ils sont rares. Les rapporteurs font aussi ce constat : «Les membres des équipes du grand banditisme gardent leur sang froid dans l'action, même lorsqu'ils se savent filmés par une caméra de surveillance, utilisant divers équipements, matériels et méthodes pour ne pas se faire identifier (cagoules, masques, véhicules volés, voire brassards de police…)» Éternel combat du glaive et du bouclier.
Les communes, et tout particulièrement en Ile-de-France, doivent donc redoubler d'efforts pour investir dans ces outils de sécurité. Reste le débat moral, qui fait peu de poids face à l'amélioration de la tranquillité et de la sécurité publique.
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20.08.2009
Grippe A : un plan solide pour protéger les écoliers
Quels sont les grands axes de ce plan ?
* Ce plan, qui s'inscrit dans le cadre du Comité interministériel de crise présidé par Brice HORTEFEUX en présence de Roselyne BACHELOT, comporte trois grands axes :
o Assurer la protection des élèves et des personnels grâce à une information optimale sur les gestes d'hygiène essentiels ;
o Assurer le traitement des cas groupés dans les écoles grâce à une réponse au cas par cas, réactive et efficace ;
o Assurer la continuité administrative et pédagogique grâce à des plans de continuité du service public concertés et adaptés.
* Pour une efficacité maximale, tous les acteurs de l'Education nationale sont mobilisés : la cellule ministérielle de veille mise en place par le ministère de l'Education nationale (composée des principaux directeurs de l'administration centrale, elle se réunira désormais chaque semaine), les recteurs et inspecteurs d'académie, les correspondants académiques « pandémie grippale » et les personnels de santé de l'Education nationale.
Concrètement, comment protéger les élèves et les personnels ?
* Le virus est particulièrement contagieux, mais il y a des gestes simples qui peuvent limiter sa diffusion : se laver les mains régulièrement ; se couvrir la bouche et le nez avec un mouchoir en papier lorsqu'on tousse ou éternue ; éviter tout contact avec une personne malade. Ces précautions, que l'on appelle des « gestes barrières », constituent une protection de premier ordre contre la propagation du virus.
* Parce que l'information et l'apprentissage des mesures de prévention sont les meilleures mesures de préparation, le ministère de l'Education nationale organisera dès la rentrée une campagne d'information :
o Des affiches et des autocollants peuvent d'ores et déjà être commandés gratuitement auprès de l'Institut national de prévention et d'éducation à la santé (INPES).
o Le 31 juillet, Luc CHATEL a adressé une circulaire aux recteurs avec un objectif clair : l'ensemble des élèves scolarisés de la maternelle à la terminale devront recevoir, dans les tout premiers jours de la rentrée, une information pédagogique sur les gestes d'hygiène essentiels.
o Enfin, pour répondre aux questions que les parents d'élèves se posent, le ministère de l'Education nationale a réalisé un dépliant de 4 pages intitulé « Vous informer sur la grippe A/H1N1 et la scolarité de votre enfant ». Ce document sera diffusé dès la rentrée à 12 millions d'exemplaires.
Que faire face aux cas groupés dans les écoles ?
* Un cas groupé correspond à l'apparition de 3 cas au moins de syndromes grippaux en moins d'une semaine dans une même classe ou dans des classes différentes avec des activités partagées.
* Pour prévenir les cas groupés, il est indispensable d'agir dès le premier cas en gardant l'enfant au domicile en cas de suspicion de grippe et en isolant les élèves et personnels qui développent des symptômes grippaux.
* Pour y faire face, le ministère de l'Education nationale a rédigé avec les ministères de l'Intérieur et de la Santé une circulaire qui prévoit les modalités de gestion de ces cas groupés dans les écoles. Cette circulaire, qui sera diffusée dans les tout prochains jours, précise également les modalités de fermeture et de réouverture d'écoles et d'établissements scolaires.
* Dès l'apparition de cas groupés, le directeur d'école ou le chef d'établissement doit en informer sans délai la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS), les autorités académiques qui avertiront directement le Préfet, ainsi que les représentants de la collectivité locale compétente. Il doit également rechercher les contacts proches de ces cas groupés pour les prévenir.
Va-t-on fermer toutes les écoles ?
* Absolument pas ! La rentrée scolaire se déroulera, comme prévu, le 2 septembre. Dans l'hypothèse d'un cas groupé, la fermeture d'une ou plusieurs classes, voire de la totalité de l'école ou de l'établissement scolaire, pourra être envisagée. Mais cette mesure ne sera pas automatique.
* La décision de fermer une école sera prise par le Préfet au cas par cas et en concertation avec les autorités académiques, les autorités sanitaires et les collectivités locales concernées. Elle sera basée sur deux appréciations essentielles :
o La situation épidémiologique au niveau local et au niveau national : la décision de fermer une classe ou un établissement aura un impact vraiment important si la circulation virale est encore limitée dans la population.
o L'efficacité attendue d'une action rapide : fermer une classe ou un établissement sera plus efficace si les cas sont regroupés dans le temps et si la décision est prise et appliquée le plus tôt possible.
* Bien sûr, l'ensemble des critères de fermeture et de réouverture d'un établissement scolaire sont susceptibles d'évoluer en fonction des décisions et recommandations du ministère de la Santé.
La continuité administrative et pédagogique va-t-elle pouvoir être assurée ?
* Concernant la continuité administrative : un plan de continuité de l'administration centrale est sur le point d'être finalisé. Quant aux plans de continuité administrative pour les services déconcentrés, les recteurs d'académie les finaliseront d'ici la fin du mois. Pour ces services, ce sont 7 millions de masques qui sont d'ores et déjà disponibles et 1,3 million de masques supplémentaires qui seront livrés avant la fin de l'été.
* Concernant la continuité pédagogique : le plan conçu par l'Education nationale permettra aux élèves de bénéficier non seulement de ressources éducatives grâce à la télévision, la radio et Internet, mais aussi d'un lien pédagogique avec un enseignant pour les élèves des collèges et lycées.
* Concrètement, au-delà des ressources et des cours mis en ligne par les établissements, les académies et le CNED, des cours pourraient être diffusés à la radio (France Culture) et à la télévision (France 5). Au total, ce sont 264 heures d'émissions télévisées et 288 heures d'émissions radiophoniques qui pourraient être assurées à raison de 6 heures radiophoniques et 5h30 télévisées par jour, 4 jours par semaine.
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17.08.2009
Pourquoi pas Villiers?
Certains s'étonnent ou s'opposent à l'arrivée de Philippe de Villiers et de son MPF dans le Comité de liaison de la Majorité présidentielle. Il n'y a pas de quoi.
Tout d'abord, il ne s'agit pas d'une adhésion à l'UMP, mais d'un rapprochement avec l'UMP, dans une instance qui a pour vocation de soutenir l'action réformatrice du Président de la République. L'adhésion du socialiste Eric Besson à l'UMP pouvait apparaitre nettement plus surprenante.
D'une manière générale, comment peut-on s'alarmer de voir son camp s'agrandir ? Chacun de nous devrait se réjouir de voir que de plus en plus de leaders politiques font le choix de soutenir Nicolas Sarkozy.
L'ouverture, que tout le monde a célébré, n'est pas à sens unique. On ne peut pas applaudir les ralliements de personnalités de gauche et refuser dans le même temps la venue de partis de droite. Cette stratégie ne saurait être cohérente qu'à la condition de refuser l'exclusivité. L'ouverture, c'est tout ou rien.
Si le comité de la majorité a su intégrer des hommes de gauche, je ne doute pas qu'il en sera de même pour toutes celles et tous ceux qui ont de tout temps appartenu à notre camp.
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27.05.2009
Bon départ pour le RSA
Le revenu de solidarité active (RSA), qui remplace le RMI à partir du 1er juin, permet de retrouver un travail plus facilement, selon un rapport du Comité d’évaluation des expérimentations, qui souligne aussi que la reprise d'emploi des plus démunis est fortement affectée par la crise économique.
Selon ce rapport, le taux moyen de retour à l'emploi est supérieur de 9% dans les zones où il est déjà expérimenté depuis janvier 2008 à celui de zones témoins, aux caractéristiques proches, mais qui n'ont pas expérimenté le RSA.
La publication de cette évaluation intervient à moins de 10 jours de la généralisation dans toute la France du RSA, dont les premiers versements tomberont le 6 juillet. Il garantit aux bénéficiaires de minima sociaux qu'ils ne perdront pas d'argent s'ils reprennent un emploi. Une idée de bon sens que beaucoup de Français souhaitaient voir appliquée depuis longtemps.
L'expérimentation, réalisée entre janvier 2008 et mars 2009 dans 33 départements, concernait plus de 15.000 foyers allocataires du revenu minimum d'insertion (RMI) ou de l'allocation de parent isolé (API).
Au cours des 15 mois de l'étude, 3,38% d'entre eux en moyenne ont retrouvé un emploi dans les zones expérimentales, contre 3,1% dans les zones témoins. Cet écart de 0,28 point équivaut à 9% de retour à l'emploi supplémentaire, explique le rapport.
Alors que les bénéficiaires de minima sociaux connaissent déjà un très faible taux de retour à l'emploi, l'étude souligne que la crise a aggravé leur situation en faisant chuter les taux de reprise d'emploi aussi bien en zone expérimentale qu'en zone témoin. Si un pic dépassant 4% est observé en juin et juillet 2008 dans les zones expérimentales, le pourcentage tombe à un peu plus de 2% en février, avec l'aggravation de la crise.
«La crise rend le RSA plus indispensable que jamais», a réagi le Haut commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, dans le journal "Les Echos", soulignant qu'il apportait un complément de revenu aux travailleurs pauvres.
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