10.09.2009

Hold-uPS

Le Parti socialiste n’en finit de s’enfoncer. A chaque étape de son effondrement, on croit qu’il n’ira pas plus bas, mais arrivé au fond, il creuse encore.

Défaites électorales, absence dans le débat d’idées, opposition systématique et désinvolte, guerre des chefs permanente, le PS ne figure plus qu’à la page « faits divers » de la politique française.

Dévoré de tous côtés par trois forces concurrentes, l’extrême gauche, le pseudo-centrisme, et le gauchisme vert, le PS ne sait plus comment se positionner, sans corpus idéologique, et sans leader charismatique.

Le terrible congrès de Reims n’avait fait qu’aggraver les choses. Loin de solutionner le problème du chef, il l’avait dangereusement compliqué. La victoire annoncée de Bertrand Delanoë s’était terminée en déconfiture pour le futur ex-Maire de Paris. La victoire autoproclamée de Ségolène Royal s’était transformé en triomphe sur le fil de la vieille garde mitterrandienne. Les bonnes vieilles méthodes de ces spécialistes des élections internes avaient porté leurs fruits : 102 voix d’avance pour la revenante du Nord !

Le grotesque de la situation cachait mal l’insurmontable coupure en deux du principal parti d’opposition.

Mais aujourd’hui, le problème est plus grave. Le « hold-up » semble démontré. Il avait fallu un an pour pacifier (au moins en apparence) les relations entre aubryistes et royalistes. Il aura fallu une heure pour déclencher la guerre. Ségolène Royal ne laissera pas passer cette occasion de reprendre ses droits.

Il n’en reste pas moins que si toutes ces malversations étaient confirmées, elles jetteraient un discrédit définitif sur Madame Aubry et ses équipes, mais plus largement sur le PS déjà si mal en point.

La démission de Mme Aubry ne résoudra rien, mais entrainera une purge du PS. Ce sera peut-être le déclencheur d’une profonde modernisation du parti au profit de Mme Royal.

Dans l’immédiat, les grands bénéficiaires sont les Verts. Ils devraient profiter à plein des Régionales, un scrutin qui leur est favorable et avait vu leur émergence en 1992.

25.08.2009

Les Verts déposent le bilan de leur gestion commune de l’Ile-de-France depuis 1998

La secrétaire nationale des Verts, Mme Duflot, vient d’officialiser sa candidature, et par la même occasion la constitution d’une liste indépendante, aux élections régionales de l’année prochaine.

Au-delà des calculs politiques bien compréhensibles, les Verts ne voulant pas s’allier à un parti en décomposition, c’est bien un terrible constat d’échec dont il s’agit. En effet, la « gauche plurielle » gère notre région depuis bientôt 12 ans. Depuis 1998, les Verts et les socialistes se sont toujours présentés unis et ont décidé et voté ensemble la politique régionale. Le bilan actuel est donc le leur. Il n’y a pas de « droit d’inventaire ».

Ainsi, lorsque Mme Duflot dit qu’elle veut proposer un « autre projet », et qu’elle veut faire de l’Ile-de-France un modèle d’éco-région, elle fait le constat amer de l’échec de leur politique commune. En 12 ans, en deux mandats, que n’ont-ils pas eu le temps de faire leurs preuves dans ce domaine ?

M. Huchon ne s’y trompe pas : il estime que les partis qui gouvernent la région doivent assumer ensemble leur bilan et se présenter unis dès le 1er tour. Ne pas le faire reviendrait à remettre en cause cette formidable collaboration, qui fut pourtant si productive pour les Franciliens.

 

Il sera en effet bien difficile de faire comprendre à ces derniers que le fait que les Verts se présentent contre le PS n’est pas le signe d’un dépôt de bilan.

24.08.2009

La vidéoprotection, une arme efficace contre l'insécurité

Depuis des années, et singulièrement depuis quelques mois, la vidéosurveillance fait débat. Devant le manque d'éléments objectifs, il était difficile d'avoir une position autre que simplement morale sur le principe d'installer des caméras dans des lieux publics. Le rapport qui vient de sortir apporte donc enfin des faits.

Selon ses auteurs : «l'analyse des statistiques de la délinquance montre un impact significatif de la vidéoprotection en matière de prévention puisque le nombre de faits constatés baisse plus rapidement dans les villes équipées que dans celles où aucun dispositif n'est installé» . Les crimes et délits y chutent même deux fois plus vite qu'ailleurs.

L'intérêt de l'étude tient d'abord à la qualité de ses auteurs : l'Inspection générale de l'Administration (IGA), en tant que coordinateur, l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) et l'Inspection technique de la gendarmerie nationale (ITGN). Des services au dessus de tout soupçon. Ils avaient été saisis en février pour «évaluer et quantifier l'efficacité de la vidéoprotection». Leur travail a porté sur l'ensemble de 63 brigades de gendarmerie couvrant un territoire équipé de plus de dix caméras et sur le tiers des 146 circonscriptions de police dotées de moyens de vidéoprotection, d'Enghien-les-Bains (12 000 habitants) à Lyon (480 000 habitants) en passant par Nice, Montpellier, Tourcoing, Mulhouse et tant d'autres communes, grandes ou petites.

Plus de cinq millions de personnes vivent dans les secteurs concernés. Pour ne pas être taxés d'avoir privilégié une période favorable, les «incorruptibles» de l'administration ont même analysé les chiffres sur neuf ans, de 2000 à 2008. Et ils battent en brèche bien des idées reçues.

Les caméras seraient donc efficaces contre les violences. «L'impact le plus significatif concerne les agressions contre les personnes où la progression a été mieux contenue dans les villes équipées de vidéoprotection», révèlent-ils. Depuis 2000, en zone police, alors que ces actes ont grimpé de plus de 40 %, ils ont augmenté deux fois moins vite dans la cinquantaine de villes vidéoprotégées. Même constat chez les gendarmes. «La densité de caméras a un effet préventif pour les agressions contre les personnes», constatent les enquêteurs.

A les lire, en effet, pour obtenir du résultat, il ne faut pas hésiter à investir. «Une densité trop faible ne permet pas, disent-ils, de maîtriser les agressions puisqu'en dessous d'une caméra pour 2000 habitants, les agressions contre les personnes progressent même plus vite (+ 44,8 %) que dans les villes qui n'ont aucun équipement (+40,5 %)». En clair : les systèmes vidéos alibis ne font pas peur aux délinquants, qui savent très bien faire la différence entre un système opérationnel et un dispositif obsolète. Et ils endorment la police.

 

Pour autant, les caméras ne sauraient se substituer aux agents. «La vidéoprotection n'est pas une fin en soi, rappellent les inspecteurs, elle n'identifie pas seule les victimes ou les agresseurs». Selon eux, «elle n'a ensuite un véritable impact répressif et dissuasif que si une sanction pénale est prononcée par une juridiction à la suite de la constatation d'une infraction et de l'arrestation de ses auteurs».

Autre surprise de leur rapport : contrairement à un préjugé véhiculé jusqu'au Parti socialiste, «l'effet plumeau, c'est-à-dire un déplacement de la délinquance vers les zones non couvertes, ne semble pas avéré», écrivent-ils. Et cela se vérifie «tant au regard des témoignages reçus des responsables de la police et de la gendarmerie nationale, qu'à la lumière des chiffres de la délinquance qui ne montrent pas de dérives vers les zones non vidéoprotégées».

L'effet préventif des caméras serait donc une réalité. Mais qu'apportent-elles à l'enquête ? «Mesuré globalement, l'impact sur le taux d'élucidation reste encore peu marqué dans les villes équipées de vidéoprotection, même si un nombre croissant de personnes est mis en cause ou identifié grâce aux caméras», écrivent les inspecteurs. Car seuls les dispositifs à haute qualité de résolution d'image permettent de confondre sans coup férir les délinquants. Or ils sont rares. Les rapporteurs font aussi ce constat : «Les membres des équipes du grand banditisme gardent leur sang froid dans l'action, même lorsqu'ils se savent filmés par une caméra de surveillance, utilisant divers équipements, matériels et méthodes pour ne pas se faire identifier (cagoules, masques, véhicules volés, voire brassards de police…)» Éternel combat du glaive et du bouclier.

Les communes, et tout particulièrement en Ile-de-France, doivent donc redoubler d'efforts pour investir dans ces outils de sécurité. Reste le débat moral, qui fait peu de poids face à l'amélioration de la tranquillité et de la sécurité publique.