24.09.2009

Le grand chamboulement 1

Nous sommes peut-être en train de vivre une petite révolution de notre vie politique, une profonde reconfiguration de notre système de partis. Même s’il est plus marquant à gauche, il touche aussi la droite, mais dans un mouvement inverse : dispersion d’un côté, regroupement de l’autre.

 

 

A droite, le rassemblement

 

La majorité présidentielle est en train de parvenir à regrouper autour de l’UMP tous les mouvements de droite et du centre. Engagé en 2002, le processus s’est considérablement accéléré avec Nicolas Sarkozy, et tout particulièrement depuis les élections européennes.

 

 Dans le même temps, le Front national, autrefois responsable de nombreuses défaites de la droite (surtout aux législatives de 1997, mais aussi aux régionales de 2004), s’est considérablement étiolé, et ne semble plus en mesure de revenir à ses résultats anciens. La scission de 1999 a porté un coup fatal au FN, le sursaut de 2002 n’effaçant pas ce déclin structurel.

Pour autant, toutes les causes de son succès passé restent présentes pour un succès avenir, au cas où les millions de Français séduits par M. Sarkozy seraient déçus par sa politique (notamment sur l’immigration et la sécurité).

 

A l’autre extrémité, le choix désormais affirmé de François Bayrou de se tourner vers la gauche supprime toute concurrence à la majorité présidentielle au centre et au centre droit, le Nouveau centre ne pouvant prétendre incarner ce que fut l’UDF, grand parti créé dans la confrontation avec le parti gaulliste.

 

L’UMP, avec ses partis satellites, occupe donc tout l’espace de la droite et du centre. Le risque évident est de ne pouvoir dans ces conditions tenir un discours à la fois cohérent et attractif pour la grande diversité des électeurs autrefois représentés par différents mouvements.

L’émergence de partis concurrents dans les espaces libérés (à la gauche et à la droite de l’UMP) dépend de la popularité de Nicolas Sarkozy. Dans l’état actuel des choses, personne n’a le poids nécessaire pour représenter une menace.

Pour un électeur modéré, ce regroupement a le mérite de la clarté. Mais pour ceux qui se situent aux extrémités de ce vaste conglomérat, il n’y a qu’un pas à franchir pour se tourner vers le Modem ou le FN.

A vouloir incarner un parti unique, l’UMP et ses alliés se trouvent contraints d’atteindre la barre des 40% au niveau national.

 

10.09.2009

Hold-uPS

Le Parti socialiste n’en finit de s’enfoncer. A chaque étape de son effondrement, on croit qu’il n’ira pas plus bas, mais arrivé au fond, il creuse encore.

Défaites électorales, absence dans le débat d’idées, opposition systématique et désinvolte, guerre des chefs permanente, le PS ne figure plus qu’à la page « faits divers » de la politique française.

Dévoré de tous côtés par trois forces concurrentes, l’extrême gauche, le pseudo-centrisme, et le gauchisme vert, le PS ne sait plus comment se positionner, sans corpus idéologique, et sans leader charismatique.

Le terrible congrès de Reims n’avait fait qu’aggraver les choses. Loin de solutionner le problème du chef, il l’avait dangereusement compliqué. La victoire annoncée de Bertrand Delanoë s’était terminée en déconfiture pour le futur ex-Maire de Paris. La victoire autoproclamée de Ségolène Royal s’était transformé en triomphe sur le fil de la vieille garde mitterrandienne. Les bonnes vieilles méthodes de ces spécialistes des élections internes avaient porté leurs fruits : 102 voix d’avance pour la revenante du Nord !

Le grotesque de la situation cachait mal l’insurmontable coupure en deux du principal parti d’opposition.

Mais aujourd’hui, le problème est plus grave. Le « hold-up » semble démontré. Il avait fallu un an pour pacifier (au moins en apparence) les relations entre aubryistes et royalistes. Il aura fallu une heure pour déclencher la guerre. Ségolène Royal ne laissera pas passer cette occasion de reprendre ses droits.

Il n’en reste pas moins que si toutes ces malversations étaient confirmées, elles jetteraient un discrédit définitif sur Madame Aubry et ses équipes, mais plus largement sur le PS déjà si mal en point.

La démission de Mme Aubry ne résoudra rien, mais entrainera une purge du PS. Ce sera peut-être le déclencheur d’une profonde modernisation du parti au profit de Mme Royal.

Dans l’immédiat, les grands bénéficiaires sont les Verts. Ils devraient profiter à plein des Régionales, un scrutin qui leur est favorable et avait vu leur émergence en 1992.

25.08.2009

Les Verts déposent le bilan de leur gestion commune de l’Ile-de-France depuis 1998

La secrétaire nationale des Verts, Mme Duflot, vient d’officialiser sa candidature, et par la même occasion la constitution d’une liste indépendante, aux élections régionales de l’année prochaine.

Au-delà des calculs politiques bien compréhensibles, les Verts ne voulant pas s’allier à un parti en décomposition, c’est bien un terrible constat d’échec dont il s’agit. En effet, la « gauche plurielle » gère notre région depuis bientôt 12 ans. Depuis 1998, les Verts et les socialistes se sont toujours présentés unis et ont décidé et voté ensemble la politique régionale. Le bilan actuel est donc le leur. Il n’y a pas de « droit d’inventaire ».

Ainsi, lorsque Mme Duflot dit qu’elle veut proposer un « autre projet », et qu’elle veut faire de l’Ile-de-France un modèle d’éco-région, elle fait le constat amer de l’échec de leur politique commune. En 12 ans, en deux mandats, que n’ont-ils pas eu le temps de faire leurs preuves dans ce domaine ?

M. Huchon ne s’y trompe pas : il estime que les partis qui gouvernent la région doivent assumer ensemble leur bilan et se présenter unis dès le 1er tour. Ne pas le faire reviendrait à remettre en cause cette formidable collaboration, qui fut pourtant si productive pour les Franciliens.

 

Il sera en effet bien difficile de faire comprendre à ces derniers que le fait que les Verts se présentent contre le PS n’est pas le signe d’un dépôt de bilan.