28.10.2009
Il n'y a pas d'alternative à Nicolas Sarkozy
Qu'on le veuille ou non, que cela nous plaise ou pas, nous sommes obligés de constater qu'il n'y a pas d'alternative à Nicolas Sarkozy.
Au-delà des formes de déception ou d'insatisfaction qui n'ont pas manqué d'apparaitre depuis deux ans, et que les sondages reportent, il est indéniable que deux éléments s'imposent : le Président agit, ses adversaires ne sont pas crédibles.
Le sondage LH2 publié lundi sur le site Nouvelobs.com*, consacré à la mi-mandat de N. Sarkozy, montre que seuls 38% des sondés jugent «positif» le bilan de la première partie de la présidence, alors que 58% le jugent «négatif».
Ces chiffres a priori inquiétants doivent être comparés à ceux de ses prédécesseurs. Mieux que des sondages, nous avons au des élections. En 1983, au bout de deux ans de mandat, François Mitterrand perd les élections municipales. En 1997, Jacques Chirac perd les législatives. En 2009, Nicolas Sarkozy, à travers l'UMP, réalise un bon résultat aux Européennes, que certains qualifient même de victoire.
Entrons plus dans le détail de ce sondage : 15% des sympathisants UMP et 23% des personnes ayant voté pour lui au premier tour de l'élection présidentielle de 2007 jugent le bilan «négatif». Et 19% de ces mêmes électeurs de Nicolas Sarkozy au premier tour déclarent qu'ils ne revoteront pas pour lui en 2012.
Il y a en effet une certaine insatisfaction dans notre électorat, et dans notre mouvement. Elle peut tenir au personnage et à sa pratique du pouvoir (légèrement corrigée depuis un an), à son choix de l'ouverture (largement incomprise), à un réformisme peu lisible (trop de réformes, dans trop de domaines, trop vite... mais n'est-ce pas pour cela qu'il a été élu?), à une "rupture" pas assez poussée (pas de changement réel sur la politique d'immigration, sur la gestion des finances publiques, la politique du chéquier), à une communication qui prendrait le pas sur le fond des réformes...
Deux éléments de réponse.
Premièrement, ces taux d'insatisfaction sont des taux incompressibles. Ils veulent dire que 85% des sympathisants UMP soutiennent le Chef de l'Etat, c'est un beau résultat. Il y a toujours eu des anti-sarkozystes à l'UMP. Voir qu'ils ne représentent que 15% est rassurant. Ce sondage devrait plutôt inquiéter Dominique de Villepin. Quant aux 19% qui disent ne plus vouloir voter pour Sarkozy, ils représentent un chiffre assez normal, on connait la volatilité de l'électorat. Il faudra voir : 1) si au bout du compte ils ne votent pas pour lui; 2) combien de nouveaux électeurs nous gagnerons en 2012.
Deuxièmement, et c'est un élément de réponse au 1), qui est aujourd'hui crédible pour représenter une alternative à Sarkozy ?
A gauche, on a visiblement fait une croix sur 2012, et les quadras se placent déjà pour 2017. Aucun parti en état de marche, aucun candidat sérieux (à l'exception de DSK ?), pas de projet.
A droite, on assiste à une auto mise en scène qui frise le ridicule avec le "retour" de Dominique de Villepin. Complètement hors sujet, il a fait hier une prestation un peu surprenante. Il est mal placé pour donner des leçons, lui qui a "administré" la France sous Jacques Chirac. Il faudrait vraiment que Sarkozy se saborde pour que l'ancien Premier ministre ait une chance. La belle parole ne fait pas un bon acte.
Au centre, François Bayrou a perdu beaucoup de son panache à l'occasion de son désastre des européennes. Il n'est plus en mesure d'atteindre le second tour de la présidentielle (qu'il gagnerait dans ce cas de figure).
Les soutiens raisonnés valent mieux que les acclamations béates.
13:40 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, ump, paris
27.10.2009
L'Ile-de-France est gagnable !
Selon une étude réalisée par l’IFOP*, si le premier tour des élections régionales avait lieu en octobre 2009, 31% des Franciliens interrogés voteraient pour la liste UMP conduite par Valérie Pécresse, contre seulement 19% pour la liste du Parti socialiste conduite par Jean-Paul Huchon Huchon et 15% pour la liste écologiste conduite par Cécile Duflot.
Selon la même enquête, le 2ème tour reste ouvert : Valérie Pécresse serait donnée vainqueur si elle devait affronter au second tour Cécile Duflot (50.5% / 49.5%) ; dans l’hypothèse d’un duel Huchon-Pécresse, Valérie Pécresse talonnerait de près l’actuel président du conseil régional (50.5% pour ce dernier contre 49.5% pour Valérie Pécresse).
12:03 Publié dans Régionales 2010 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, paris, ump
21.10.2009
Réforme territoriale, effets collatéraux d’un changement profond
Nous vivons une période passionnante et nous n’en avons pas forcément conscience, noyés que nous sommes dans des polémiques stériles qui détournent l’actualité des sujets importants pour l’avenir.
Pris entre les feux de l’autosatisfaction permanente de l’UMP et de l’opposition insensée des autres partis, nous avons souvent le réflexe voltairien de retourner « cultiver notre jardin » et d’abandonner l’actualité politique. C’est une erreur. La France vit des bouleversements dont nous devons être acteurs.
Le projet de réforme présenté par Nicolas Sarkozy peut laisser un peu perplexe.
Il semble être passé d’un objectif ambitieux de bouleverser les structures administratives à une tactique démagogique de séduction basique de l’opinion publique : diviser par deux le nombre des élus locaux.
La fusion des conseillers généraux (pour ne pas dire leur disparition) et des conseillers régionaux est en apparence hypocrite, inutile, et démagogique.
Hypocrite car alors que l’on parle de limitation du cumul des mandats on crée de facto un « cumulard ».
Inutile car l’économie qui sera réalisée sera proprement dérisoire (d’autant plus que le conseiller territorial sera indemnisé 1.5 fois plus que le conseiller existant) : veut-on faire croire que c’est la rémunération des élus qui constitue l’essentiel des dépenses des collectivités locales ? Du point de vue des finances publiques, on ne peut même pas parler de goutte d’eau.
Démagogique car on joue sur la corde sensible de l’électorat : sa défiance vis-à-vis des élus et de la politique.
Par ailleurs, je me pose des questions sur le cas de la capitale : va-t-on la découper en cantons ? A priori, cette idée est séduisante. Mais, en passant d’une représentation proportionnelle à un scrutin majoritaire, ne risque-t-on pas d’empêcher purement et simplement l’élection de tout conseiller territorial UMP à l’Est de Paris ? (Même chose pour la gauche à l’Ouest) Ainsi, nous perdrions définitivement tout moyen (ni maire, ni député, ni sénateur, ni conseiller territorial) pour représenter nos électeurs, et espérer préparer une reconquête.
Il faut noter que le choix d’un mode de scrutin majoritaire à un tour est une fausse bonne idée pour l’UMP. L’effet d’optique actuel qui place l’UMP en tête des premiers tours ne doit pas donner l’impression qu’il suffit de supprimer le second pour l’emporter. Les partis de gauche, qui peuvent aujourd’hui se permettre de se diviser au premier tour, arriveront très facilement à s’allier dans le cadre d’une élection à un seul tour.
Mais au-delà de ces observations, cette réforme est en réalité profonde, moins pour le court terme que pour le long terme.
Le choix est fait de rompre avec une attitude bien française de révolution, changement brutal des institutions, pour passer par une évolution progressive contrainte par des changements structurels à la marge.
La révolution aurait été de supprimer le département, et d’obliger la fusion des communes. Dans les deux cas, en revenant sur les structures créées par la Révolution, on aurait franchi une véritable étape historique, la plus importante depuis cette époque fondatrice.
Cela était naturellement impossible : la période, ni révolutionnaire, ni dictatoriale, ne permet pas de tels bouleversements. On choisit donc la seule méthode valable en démocratie : la réforme, ou l’accélération des évolutions naturelles. La différence tient moins dans le résultat du changement que dans sa durée de réalisation. Car au final, nous aurons bien la suppression des départements, et des communes telles que nous les connaissons.
Le futur conseiller territorial sera le nouveau conseiller régional. Il gagnera en légitimité et en efficacité car il sera ancré sur un territoire, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent en raison de son élection à la proportionnelle sur tout le département. Il ressemblera donc à l’actuel conseiller général : le lien avec le local n’est donc pas perdu. On change seulement d’échelle.
Toute structure n’existant que par les pratiques qui les animent, et donc à travers les acteurs qui les font vivre, le Conseil général va au fur et à mesure se vider de sens. Les conseillers territoriaux n’auront plus le même intérêt que les actuels conseillers généraux à faire exister le Département. Très vite, les services doublons vont apparaitre, et les économies d’échelle seront décidées, comme pour les entreprises qui fusionnent.
Ce phénomène « naturel » sera amplifié par une modification importante des compétences : la suppression de la compétence générale, et la spécialisation des attributions. Il ne sera plus possible d’invoquer la première pour justifier une intervention dans n’importe quel domaine. Quant aux secondes, elles renforceront progressivement la Région au détriment du Département, jusqu’à en venir à bout. Fin du processus, la coquille vide disparaitra d’elle-même.
La même méthode est employée pour les communes. Depuis la fin du XIXème siècle, et la naissance de l’intercommunalité, on tente de réduire le nombre exorbitant des communes françaises héritées de la Révolution. Il est devenu évident de dire que cette spécificité française n’a que trop duré. La fusion lancée dans les années 1970 ayant échoué, les gouvernements n’ont eu de cesse de pousser les communes à se regrouper. C’est ce processus qui va aboutir à marche forcée dans deux ans.
Pour autant, les Français étant très attachés à leurs communes, celles-ci ne vont pas disparaitre. Les plus petites d’entre elles deviendront peu à peu des quartiers de communautés plus vastes.
La réforme de Nicolas Sarkozy est donc une œuvre de rationalisation, et un coup d’accélérateur donné à un processus en marche depuis des décennies. La suppression de la taxe professionnelle s’inscrit dans cette logique. Insupportable économiquement mais indispensable financièrement, elle sera remplacée par une contribution territoriale, clairement identifiable aux « nouveaux territoires » qui sortiront de cette réforme.
14:32 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, paris, ump, ps, modem
09.10.2009
VOTES DU GROUPE UMP CA 081009
VOTES DU GROUPE UMP NC SUR LES PROJETS DE DÉLIBÉRATION.
2009 MA13 005 - Adoption d’une charte pour les assemblées des citoyens parisiens extra communautaires et création de cette assemblée dans le 13ème arrondissement.
CONTRE
2009 MA13 006 – Choix de la gestion déléguée pour le futur centre d’animation situé dans la ZAC PRG à Paris (13e) et autorisation à M. le Maire du 13e arrondissement de demander au Maire de Paris de retenir, le marché public, comme mode de gestion pour cet équipement conformément, à l’article 30, du Code des Marchés Publics.
POUR
2009 DASCO 021 – Signature d'une convention avec la caisse des écoles du 13e arrondissement portant sur le versement par la Ville d'une subvention contractuelle. - Montant : 223.000 euros.
POUR
2009 DDATC 140 – Subvention de fonctionnement à l'Association pour le Développement et l'Aménagement du 13e arrondissement (ADA 13)(13e).- Montant : 2.000 euros.
POUR
2009 DPA 187 - Approbation du principe de construction d'une crèche collective 55 places 11/13, rue Campo Formio (13e) et des modalités de passation du marché de maîtrise d'oeuvre ; dépôt des demandes de permis de démolir et de construire. POUR AVEC DEMANDE D AMENDEMENT (construction de logements de fonction)
2009 DDATC 115 - Inventaire des équipements dont les conseils d'arrondissement ont la charge.
ABSTENTION
2009 DDATC 116 - Détermination du cadre de référence de la répartition des dotations de gestion et d'animation locales destinées aux états spéciaux d'arrondissements en 2010, en application du titre I du livre V du code général des collectivités territoriales relatif à l'organisation administrative de Paris, Marseille et Lyon.
POUR
2009 DDATC 117 - Dépenses d'investissement supportées par les conseils d'arrondissement - Autorisation donnée aux conseils d'arrondissement d'effectuer des dépenses d'investissement sur des équipements autres que ceux visés à l'article L.2511-16 du code général des collectivités territoriales.
POUR
2009 DFPE 203 - Signature d'un avenant N°1 à la convention passée avec l'association Croix Rouge Française pour l'attribution d'une subvention pour le fonctionnement de la crèche collective Vandrezanne. - Montant : 229.257 euros.
POUR
2009 DFPE 186 - Signature d'un avenant n° 1 à la convention passée avec l'association Enfant Présent pour l'attribution d'une subvention. - Montant : 308.642 euros.
POUR
2009 DFPE 182 - Signature d'un avenant N°3 à la convention passée avec l'association Aire Interculturelle de Recherche et Action Parents/Enfants (A.I.R.A.P.E) pour l'attribution d'une subvention pour le fonctionnement de la halte-garderie 4, rue du Dessous des Berges (13e). - Montant : 118.598 euros.
POUR
2009 DU 153 - Débat sur les résultats de l'application du Plan local d'urbanisme de Paris au regard de la satisfaction des besoins en logements, en application de l'article L.123-12-1 du Code de l'urbanisme ; approbation du principe de l'application au cas par cas des dispositions du nouvel article L.127-1 du Code de l'Urbanisme.
CONTRE
2009 DLH 095 - Décision d'engager la procédure d'élaboration du nouveau Programme Local de l'Habitat à Paris.
POUR
2009 DLH 038 - Résiliation anticipée des conventions passées entre la Ville de Paris et la SA d'HLM Habitat Social Français (HSF) pour le financmeent et la gestion d'immeubles à usage principal d'habitation situés dans les,1, 2, 3,4 , 5, 7,11,12,13,15,17,18,19 et 20è arrts. Remboursement anticipé des avances qui avaient été consenties par la Ville de Paris à HSF.
POUR
2009 DLH 109 - Réalisation par l'ESH La Sablière d'un programme de réhabilitation comportant une résidence sociale de 150 logements située 134 rue du Chevaleret (13e).
POUR
Question du groupe UMP portant la fermeture d’une école maternelle
09:49 Publié dans Conseil d'Arrondissement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, paris
Contre l'assemblée des citoyens parisiens extra communautaires
2009 MA13 005 - Adoption d’une charte pour les assemblées des citoyens parisiens extra communautaires et création de cette assemblée dans le 13ème arrondissement.
J’ai dit à ce sujet que toute initiative en faveur de l’intégration était bienvenue, et pouvait se prévaloir de notre soutien. Pour autant, la création de cette instance (une de plus !) ne se justifie pas, et risque au contraire de stigmatiser un peu plus ces populations en les mettant à part dans une assemblée spéciale.
Par ailleurs, dans l’énoncé même de la délibération, il y a une intention qui sort du cadre constitutionnel et légal. En effet, la citoyenneté comporte des droits civils et politiques, et des devoirs définissant le rôle du citoyen dans la cité et face aux institutions. Le citoyen est la personne qui jouit de ses droits politiques, ce qui n’est pas le cas des ressortissants étrangers, qui sont citoyens de l’Etat dont ils sont les nationaux. Sur le fond, la création de cette assemblée est injustifiable.
Mais surtout, il se trouve que les Parisiens de nationalité extra communautaire ne sont pas dépourvus de moyens d’expression : les concertations leurs sont ouvertes, les enquêtes publiques, ils peuvent aussi rencontrer les élus. Allons plus loin : les conseils de quartiers sont ouverts aux étrangers en tant qu’habitants du 13ème au même titre que les autres.
J’ai proposé qu’éventuellement des places leur soient réservées au sein des bureaux d’animation, notamment au travers du collège associatif. Cette solution nous parait moins stigmatisante et plus productive que la création d’une assemblée particulière.
Le Maire s’est senti gêné devant cette proposition, prenant conscience de sa pertinence tout autant que de l’échec des Conseils de quartier du point de vue de l’intégration, et de la redondance de l’assemblée nouvelle qu’il souhaite créer.
Dans tous les cas, et pour conclure, s’il veut s’impliquer davantage, chaque étranger en situation légale a toujours la faculté que la France permet aux ressortissants extra communautaires d’acquérir la nationalité française, seule voie d’entrée vers la citoyenneté.
VOTE CONTRE
09:30 Publié dans Conseil d'Arrondissement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, ump, paris, jeunes populaires
28.09.2009
Le grand chamboulement 3
Vers un changement du mode de scrutin
Le président Sarkozy semble tenté par les élections à un tour. Cela favoriserait a priori l’UMP, certaine dans cette configuration d’arriver en tête et donc d’emporter la majorité des sièges.
Mais on sait que le mode de scrutin influe sur la structure partisane. La dispersion d’aujourd’hui à gauche aurait vite fait de laisser la place à des accords systématiques : le président remettrait ainsi de l’ordre dans le camp adverse, et ne changerait rien au final dans le rapport de forces global.
10:07 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, ump, ps, paris, jeunes populaires
25.09.2009
Le grand chamboulement 2
A gauche, l’éparpillement
Mais les plus grands bouleversements sont à gauche. En effet, le Parti socialiste subit une profonde crise structurelle.
Or, à la différence de ses homologues anglais, allemand, et espagnol, au pouvoir depuis respectivement 12, 11, et 5 ans, le PS est dans l’opposition depuis 7 ans. Leur affaiblissement s’explique par l’usure du pouvoir, alors que le sien est plus essentiel : il touche moins à son action qu’à son essence, ses idées, son organisation. Tiraillé dans tous les sens, par des leaders sans charisme qui veulent chacun tirer avantage d’une situation dans laquelle ils se retrouvent tous à égalité, le PS n’est pas en mesure de se réformer. Dirigé par une personnalité du passé, et dépassée, sa crise est aggravée par Ségolène Royal qui, ne pouvant s’exprimer dans le parti, fait tout pour le ringardiser et le contourner.
Le peuple de gauche ne s’y trompe pas : il déplace ses espérances vers d’autres structures jugées plus porteuses. L’incroyable succès des Verts aux européennes, confirmé par les élections partielles, semble montrer qu’ils passent de force d’appoint à force concurrente.
A l’autre extrémité, le Parti communiste n’en finit plus de mourir, et se retrouve désormais comme noyé dans le Front de gauche, dont ne ressort que la figure de Jean-Luc Mélenchon. Là encore, les Verts en sortent gagnants car la disparition de l’allié historique du PS accroit encore un peu plus l’importance prise par les Verts.
La question est de savoir s’il s’agit d’un phénomène purement conjoncturel, lié à l’affaiblissement du PS et à la mode pour les thèmes écologiques, ou si les Verts, jeune parti, passent à l’âge adulte et s’installent à égalité avec les sociaux-démocrates dans un système politique fortement marqué par les enjeux environnementaux.
A l’extrême gauche, le NPA n’a pas fait la percée escomptée et ne semble pas en mesure de jouer vis-à-vis de la gauche républicaine le rôle d’obstruction que le FN jouait vis-à-vis de la droite.
Enfin, le Modem pâtit des tergiversations incohérentes de son leader et de l’évidence de ses ambitions démesurées comme seul moteur de ses tactiques. Loin de constituer une alternative crédible à qui que ce soit, ce mouvement construit sur du vent risque de vite s’essouffler.
L’éparpillement des forces de gauche a l’avantage inverse du rassemblement des forces de droite : en ratissant large, il permet de constituer une majorité qui n’aura pas de mal à s’unir dans l’opposition au sarkozysme. La victoire de la gauche est donc plus que jamais possible.
10:02 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, ump, paris, ps, modem, jeunes populaires
24.09.2009
Le grand chamboulement 1
Nous sommes peut-être en train de vivre une petite révolution de notre vie politique, une profonde reconfiguration de notre système de partis. Même s’il est plus marquant à gauche, il touche aussi la droite, mais dans un mouvement inverse : dispersion d’un côté, regroupement de l’autre.
A droite, le rassemblement
La majorité présidentielle est en train de parvenir à regrouper autour de l’UMP tous les mouvements de droite et du centre. Engagé en 2002, le processus s’est considérablement accéléré avec Nicolas Sarkozy, et tout particulièrement depuis les élections européennes.
Dans le même temps, le Front national, autrefois responsable de nombreuses défaites de la droite (surtout aux législatives de 1997, mais aussi aux régionales de 2004), s’est considérablement étiolé, et ne semble plus en mesure de revenir à ses résultats anciens. La scission de 1999 a porté un coup fatal au FN, le sursaut de 2002 n’effaçant pas ce déclin structurel.
Pour autant, toutes les causes de son succès passé restent présentes pour un succès avenir, au cas où les millions de Français séduits par M. Sarkozy seraient déçus par sa politique (notamment sur l’immigration et la sécurité).
A l’autre extrémité, le choix désormais affirmé de François Bayrou de se tourner vers la gauche supprime toute concurrence à la majorité présidentielle au centre et au centre droit, le Nouveau centre ne pouvant prétendre incarner ce que fut l’UDF, grand parti créé dans la confrontation avec le parti gaulliste.
L’UMP, avec ses partis satellites, occupe donc tout l’espace de la droite et du centre. Le risque évident est de ne pouvoir dans ces conditions tenir un discours à la fois cohérent et attractif pour la grande diversité des électeurs autrefois représentés par différents mouvements.
L’émergence de partis concurrents dans les espaces libérés (à la gauche et à la droite de l’UMP) dépend de la popularité de Nicolas Sarkozy. Dans l’état actuel des choses, personne n’a le poids nécessaire pour représenter une menace.
Pour un électeur modéré, ce regroupement a le mérite de la clarté. Mais pour ceux qui se situent aux extrémités de ce vaste conglomérat, il n’y a qu’un pas à franchir pour se tourner vers le Modem ou le FN.
A vouloir incarner un parti unique, l’UMP et ses alliés se trouvent contraints d’atteindre la barre des 40% au niveau national.
16:10 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, ump, ps, modem, paris, jeunes populaires
10.09.2009
Hold-uPS
Le Parti socialiste n’en finit de s’enfoncer. A chaque étape de son effondrement, on croit qu’il n’ira pas plus bas, mais arrivé au fond, il creuse encore.
Défaites électorales, absence dans le débat d’idées, opposition systématique et désinvolte, guerre des chefs permanente, le PS ne figure plus qu’à la page « faits divers » de la politique française.
Dévoré de tous côtés par trois forces concurrentes, l’extrême gauche, le pseudo-centrisme, et le gauchisme vert, le PS ne sait plus comment se positionner, sans corpus idéologique, et sans leader charismatique.
Le terrible congrès de Reims n’avait fait qu’aggraver les choses. Loin de solutionner le problème du chef, il l’avait dangereusement compliqué. La victoire annoncée de Bertrand Delanoë s’était terminée en déconfiture pour le futur ex-Maire de Paris. La victoire autoproclamée de Ségolène Royal s’était transformé en triomphe sur le fil de la vieille garde mitterrandienne. Les bonnes vieilles méthodes de ces spécialistes des élections internes avaient porté leurs fruits : 102 voix d’avance pour la revenante du Nord !
Le grotesque de la situation cachait mal l’insurmontable coupure en deux du principal parti d’opposition.
Mais aujourd’hui, le problème est plus grave. Le « hold-up » semble démontré. Il avait fallu un an pour pacifier (au moins en apparence) les relations entre aubryistes et royalistes. Il aura fallu une heure pour déclencher la guerre. Ségolène Royal ne laissera pas passer cette occasion de reprendre ses droits.
Il n’en reste pas moins que si toutes ces malversations étaient confirmées, elles jetteraient un discrédit définitif sur Madame Aubry et ses équipes, mais plus largement sur le PS déjà si mal en point.
La démission de Mme Aubry ne résoudra rien, mais entrainera une purge du PS. Ce sera peut-être le déclencheur d’une profonde modernisation du parti au profit de Mme Royal.
Dans l’immédiat, les grands bénéficiaires sont les Verts. Ils devraient profiter à plein des Régionales, un scrutin qui leur est favorable et avait vu leur émergence en 1992.
09:19 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, paris, ump, verts, ps
25.08.2009
Les Verts déposent le bilan de leur gestion commune de l’Ile-de-France depuis 1998
La secrétaire nationale des Verts, Mme Duflot, vient d’officialiser sa candidature, et par la même occasion la constitution d’une liste indépendante, aux élections régionales de l’année prochaine.
Au-delà des calculs politiques bien compréhensibles, les Verts ne voulant pas s’allier à un parti en décomposition, c’est bien un terrible constat d’échec dont il s’agit. En effet, la « gauche plurielle » gère notre région depuis bientôt 12 ans. Depuis 1998, les Verts et les socialistes se sont toujours présentés unis et ont décidé et voté ensemble la politique régionale. Le bilan actuel est donc le leur. Il n’y a pas de « droit d’inventaire ».
Ainsi, lorsque Mme Duflot dit qu’elle veut proposer un « autre projet », et qu’elle veut faire de l’Ile-de-France un modèle d’éco-région, elle fait le constat amer de l’échec de leur politique commune. En 12 ans, en deux mandats, que n’ont-ils pas eu le temps de faire leurs preuves dans ce domaine ?
M. Huchon ne s’y trompe pas : il estime que les partis qui gouvernent la région doivent assumer ensemble leur bilan et se présenter unis dès le 1er tour. Ne pas le faire reviendrait à remettre en cause cette formidable collaboration, qui fut pourtant si productive pour les Franciliens.
Il sera en effet bien difficile de faire comprendre à ces derniers que le fait que les Verts se présentent contre le PS n’est pas le signe d’un dépôt de bilan.
12:01 Publié dans Régionales 2010 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, ump, paris, pécresse


